La gauche voit le verre à moitié plein et mobilise

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LE PS APPELLE À LA MOBILISATION GÉNÉRALE
LE PS APPELLE À LA MOBILISATION GÉNÉRALE

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - La majorité socialiste a accueilli dimanche avec un certain soulagement les résultats du premier tour des élections départementales, moins mauvais que prévu pour elle, et appelé à une mobilisation générale de la gauche pour le second tour.

Arrivé en troisième position avec environ 20% des voix, loin derrière l'UMP-UDI et le Front national selon les estimations des instituts de sondages, le Parti socialiste se considère encouragé dans son choix de cibler l'extrême droite.

"Rien n'est joué", a déclaré Manuel Valls à Matignon, appelant une gauche "trop dispersée" à s'unir et "tous les républicains à faire barrage à l'extrême droite au second tour."

"Ce soir, les formations républicaines ont tenu leur place. Ce soir, l'extrême droite, même si elle est trop haute, n'est pas la première formation politique de France", a-t-il dit.

De fait, selon une estimation CSA, la gauche et la droite se situent dans un mouchoir de poche, à 37% chacune au total.

"Je m'en félicite car je me suis personnellement engagé", a ajouté le Premier ministre, qui a placé le combat contre le FN au centre de sa campagne dans toute la France.

Dans son sillage, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a appelé "tous les partis de gauche et les forces de progrès à "construire les digues pour la défense de la République", reprenant le ton alarmiste choisi par son camp ces dernières semaines. "Chaque voix compte."

Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, a salué pour sa part sur BFM TV "un premier tour de résistance" appelé à être confirmé.

DIVISIONS

Pour François Miquet-Marty, de l'institut de sondages Viavoice, ce résultat "moins décevant que prévu" pour le PS doit beaucoup au choix de Manuel Valls de cibler le FN dans un "discours mobilisateur désignant un adversaire et entendu par des électeurs qui sont loin de la politique."

"Dans le contexte actuel de désaffection à l'égard de l'exécutif, c'est presque inespéré", estime le politologue, pour qui la gauche divisée devra quoi qu'il arrive "mener un profond travail de refondation dans les mois qui viennent."

Pour Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive, "la gauche limite aujourd'hui les dégâts et fait jeu égal avec la droite mais elle risque au final de perdre de nombreux cantons en raison de ses divisions."

A la question de savoir si l'idée d'un remaniement ministériel rapide évoqué ces derniers temps restait d'actualité, le politologue invite à la prudence.

"Attendons la semaine prochaine, surtout si on se retrouve avec un PS qui a perdu 30 ou 40 départements" sur les 61 qu'il détenait jusqu'ici, ajoute-t-il.

Sévère, le sénateur Europe Ecologie-Les Verts Jean-Vincent Placé a déploré "un bon résultat de l'UMP et de ses alliés qui vont remporter la majorité des départements la semaine prochaine suite à la stratégie désastreuse de (s)es amis écologistes, de l'extrême gauche et du PCF".

Malgré les accusations de manoeuvres liées à la complexité du scrutin formulées ces derniers jours chez les Verts et l'extrême gauche, l'heure était dimanche soir au rassemblement.

La secrétaire nationale Emmanuelle Cosse a ainsi invité "les écologistes à se rassembler autour des candidatures de gauche qui le voudront bien."

Le secrétaire national du Parti communiste (PCF), Pierre Laurent, a fait de même, estimant que "la conquête de cantons et de départements au deuxième tour par la droite et l'extrême droite ne peut qu'aggraver durement les conditions de vie déjà difficiles des populations".

Du côté de l'Elysée, un proche du président saluait un premier tour qui "a déjoué une partie des pronostics" avec une "participation plus forte que prévu et l'extrême droite à un niveau moins élevé qu'attendu grâce à la mobilisation de l'exécutif".

François Hollande devrait effectuer cette semaine un ou deux déplacements illustrant ce qu'il considère comme les premiers fruits de sa politique menée depuis près de trois ans.

"Le président, qui n'a pas vocation à faire campagne, veut mettre en valeur les premiers résultats de la politique économique. C'est une façon de montrer qu'on avance et de redonner confiance au Français", souligne son entourage.

(Avec Service France, édité par Yves Clarisse)

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