La France touchée par une vague d'attentats sans précédent

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VAGUE D'ATTENTATS MEURTRIERS EN FRANCE
VAGUE D'ATTENTATS MEURTRIERS EN FRANCE

PARIS (Reuters) - La France a été touchée vendredi soir par une série d'attentats menés par des hommes armés ou munis d'explosifs qui ont fait plus de cent morts, incitant François Hollande à décréter l'état d'urgence dans tout le pays pour la première fois depuis 1945.

"C'est une horreur", a dit le président français dans une déclaration aux médias. "C'est une terrible épreuve, qui une nouvelle fois nous assaille", a-t-il ajouté, une référence aux attentats djihadistes de janvier dernier qui avaient fait 17 morts, notamment à Charlie Hebdo.

Le procureur de Paris, François Molins, a fait état d'un bilan qui "risque d'atteindre, voire de dépasser les 120 morts" et de très nombreux blessés dans un état critique qui ont été envoyés dans les différents hôpitaux de Paris.

Cinq "terroristes" ont été tués, a-t-il ajouté.

Une source à la mairie de Paris a fait état d'un bilan provisoire de 127 morts, dont 87 dans la seule salle de concert du Bataclan, pleine à craquer à cette heure.

Les attaques ont commencé peu après 21H00 au Stade de France à Saint-Denis, dans la banlieue de Paris, où se déroulait un match de football amical entre la France et l'Allemagne, lorsque des explosions provoquées par des kamikazes ont retenti à l'extérieur de l'enceinte.

D'autres attaquants ont ensuite mitraillé des terrasses de cafés ou de restaurants dans le centre de Paris, dans les Xe et XIe arrondissements de Paris, et ont pénétré dans le Bataclan.

SIX SITES ATTAQUÉS

François Molins a ainsi évoqué six sites visés au total, avec "a priori" 18 morts boulevard de Charonne, un boulevard Voltaire, cinq rue de la Fontaine-au-Roi, 14 rue Alibert et "des morts" aux alentours du Stade de France.

"Les terroristes, les assassins ont balayé avec des mitraillettes plusieurs terrasses de cafés et sont rentrés à l'intérieur (du Bataclan). Et donc il y avait des victimes dans des conditions terribles, atroces à de nombreux endroits", a dit Michel Cadot, préfet de police de Paris.

"Les assaillants qui s'étaient enfermés à l'étage (du Bataclan) avaient des ceintures d'explosifs et se sont fait sauter" lors de l'assaut des forces de l'ordre, a-t-il ajouté en évoquant quatre morts dans la prise de contrôle de la salle.

Tous les assaillants qui "étaient dans les établissements" ont été tués, a-t-il dit.

Selon Toon, un jeune homme de 22 ans présent au concert du Bataclan, les assaillants armés de fusils d'assaut et habillés en noir ont ouvert le feu sur la foule.

"Les mecs sont tombés comme des dominos", a-t-il dit.

Le gouvernement a immédiatement pris des mesures.

"Nous avons, sur ma décision, mobilisé toutes les forces possibles pour qu'il puisse y avoir la neutralisation des terroristes et la mise en sécurité de tous les quartiers concernés", a dit François Hollande, précisant que des renforts militaires étaient en cours d'acheminement "pour être sûr qu'aucune attaque ne puisse de nouveau avoir lieu".

Dans un communiqué publié ensuite, l'Elysée a fait état de l'envoi de 1.500 militaires supplémentaires dans la capitale.

L'état d'urgence, qui avait pour la dernière fois été décrété en 2005 dans certaines zones lors des émeutes dans les banlieues, l'a été dans tout le pays pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

"LE COMBAT SERA IMPITOYABLE", DIT HOLLANDE

Plusieurs lignes du métro parisien proches des lieux des attaques à Paris ont été fermées, a annoncé la RATP. Mais Air France a maintenu ses vols à partir d'Orly ou de Roissy.

La mairie de Paris a décidé de fermer samedi tous les bâtiments municipaux recevant du public, dont les musées.

Plusieurs partis politiques, dont le PS et le Front national, ont annoncé la suspension de la campagne électorale pour les élections régionales de décembre.

Le parquet de Paris a annoncé qu'une enquête avait été ouverte des chefs d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs criminelle pour préparer des atteintes criminelles à la personne.

"Nous allons mener le combat, il sera impitoyable", a déclaré François Hollande, qui réunira samedi matin un conseil de défense à l'Elysée.

"Parce que quand des terroristes sont capables de faire de telles atrocités, ils doivent être certains qu'il y aura en face d'eux une France déterminée, une France unie, une France rassemblée et une France qui ne se laissera pas impressionner même si aujourd'hui elle exprime une émotion infinie."

(Service France, édité par Yves Clarisse)

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