La France se dirige vers une pénurie d'anchois

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La pêche au Maroc n'a pas été bonne cette année et la concurrence féroce des Italiens et des Espagnols fait flamber les prix. Le secteur tire la sonnette d'alarme.

Allongé, roulé ou mariné: l'anchois accompagne de nombreux plats en France. Mais les amateurs de ce petit poisson ont du souci à se faire. Une pénurie se profile à l'horizon alors que les cinq fabricants de l'Hexagone - Belmonte, Conserveries provençales, La Monégasque-Vanelli, Miceli et Roque - ont du mal à s'approvisionner. Le poisson le plus péché au monde manque à l'appel au Maroc. Le royaume est le principal fournisseur des fabricants français. C'est aussi sur place que le poisson est préparé, salé et mariné avant d'être mis en conserve en France.

D'après la Fédération des industries d'aliments conservés (Fiac), la campagne de pêche cette année, en voie d'achèvement, présente «des résultats catastrophiques» en termes de volume. «Les quantités débarquées à ce jour sont inférieures de 30% à celles d'une année normale. Du jamais vu!», souligne-t-elle. «C'est une situation que l'on avait déjà connue en 2009 et 2010. Après une année 2012 meilleure, 2013 a été marquée par une campagne insuffisante et 2014 suit le mouvement. Après deux campagnes mauvaises, il est difficile de reconstituer des stocks», constate Pierre Commère, délégué général de l'industrie du poisson.

Autre problème: la flambée des prix, plus du double du cours habituel, qui ne se justifie pas seulement par le manque de poisson. Les fabricants français dénoncent la concurrence féroce des opérateurs italiens et espagnols, récemment installés au Maroc. En criée, ils achètent les anchois à des prix très élevés, mais encore adaptés à leurs marchés. «En Espagne et en Italie, l'anchois est un produit de gastronomie. Donc il est plus facile pour eux d'acheter à des prix élevés. En France, il est moins bien valorisé, c'est un condiment», explique Pierre Commère .

Impossible pour les producteurs de se rabattre sur les anchois français: «la pêche française, très limitée du fait des quotas, est largement préemptée par le marché du frais en Espagne», expliquent les professionnels. Ailleurs, la situation n'est pas meilleure. «La campagne de pêche en Croatie n'a pas été bonne cette année, la pêche en Argentine a du retard, et même au Pérou, où la ressource était d'ordinaire abondante, le poisson devient difficilement capturable avec le retour d'El Niño», affirme la fédération.

Cette situation met les entreprises opérant sur le marché français «en grande difficulté», déplore la Fiac. Les problèmes d'approvisionnement obligent les fabricants français à réduire leurs livraisons auprès des grandes surfaces ou encore des restaurateurs. «Il y a un vrai risque de pénurie dans les mois qui viennent», souligne le délégué général de l'industrie du poisson. «Si les entreprises françaises ne peuvent plus accéder aux matières premières et faire correspondre leurs prix d'achats de poissons et leurs prix de ventes de produits finis, elles seront condamnées à disparaître ou à trouver de nouveaux marchés hors des frontières françaises», prévient quant à elle la fédération. Le marché français des anchois est évalué à 6000 tonnes pour un chiffre d'affaires d'environ 50 millions d'euros.

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  • nanard83 le samedi 4 oct 2014 à 21:52

    On s'en tape , on mangera des sardines !!

  • fbordach le samedi 4 oct 2014 à 10:05

    Mince, voilà un sujet de fond!

  • lsleleu le samedi 4 oct 2014 à 09:52

    Faute de grives on mange des merles ....

  • slivo le samedi 4 oct 2014 à 09:48

    on aimerait bien être en pénurie de anchois hollande mais on n'arrive pas à s'en débarrasser.