La France limite le prix du Sovaldi, remède contre l'hépatite C

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PARIS (Reuters) - Le Sovaldi, traitement oral contre l'hépatite C commercialisé par Gilead Sciences et dont le coût élevé est controversé, sera vendu en France au "prix public le plus bas d'Europe" et intégralement remboursé, annonce jeudi le ministère de la Santé.

Les traitements contre l'hépatite C, virus qui touche 200.000 personnes en France, coûtent plus de 800 millions d'euros par an à la Sécurité sociale, avait estimé le mois dernier la ministre, Marisol Touraine, en expliquant avoir engagé un "bras de fer" avec les laboratoires.

Pour 2014, le gouvernement s'attend à ce que les dépenses sur les traitements contre l'hépatite C dépassent le seuil fixé dans l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam), soit 450 millions d'euros.

"Au terme de négociations avec le premier laboratoire qui commercialise ces produits, le comité économique des produits de santé (CEPS) a fixé le prix du médicament Sovaldi à 13.667 euros hors taxe par boîte", dit le ministère dans un communiqué.

Cela représente une baisse de 5.000 euros par rapport au prix pratiqué lors de l'introduction du médicament.

Le coût total pour un traitement de 12 semaines atteindra 41.000 euros hors taxe contre 56.000 euros jusqu'à présent, auquel il faut ajouter le prix des deux produits associés, la ribavirine et à l'interféron.

Le laboratoire américain Gilead est la cible de vives critiques, aux Etats-Unis notamment, au sujet du prix de ce traitement, le premier par voie orale pour l'hépatite C, qui a battu des records de vente pour un lancement de produit.

En octobre, la FDA, l'autorité sanitaire américaine, a validé la mise sur le marché de la nouvelle version du Sovaldi, appelée Harvoni et vendue 94.500 dollars (75.500 euros) pour 12 semaines de traitement.

GILEAD SERA PONCTIONNÉ

En France, l'Harvoni vient d'obtenir une autorisation temporaire d'utilisation au prix décidé par le laboratoire de 16.000 euros la boîte, mais une négociation devrait aboutir, en 2015, avant qu'il remplace le Sovaldi, à un prix inférieur.

"Le prix proposé permet de diviser par deux le coût actuel des bithérapies disponibles", assure le ministère de la Santé. L'Harvoni pourrait en outre permettre une guérison en huit semaines au lieu de 12 chez certains patients.

Ces tarifs ont nourri l'inquiétude des mutuelles et des Etats quant à leur capacité à financer ce traitement dont les résultats semblent sans équivalent avec 90% de taux de guérison.

Le ministère de la Santé dit avoir obtenu "des réductions supplémentaires liées aux volumes de ventes prévisionnels" du Sovaldi, mais refuse d'en préciser le montant, et Gilead devra rembourser une partie du coût en cas d'échec du traitement.

Le laboratoire, est-il encore écrit, "devra rembourser à l'Assurance maladie la différence entre le prix pratiqué pendant la période (d'Autorisation temporaire d'utilisation) et le prix qui vient d'être fixé".

Enfin, le gouvernement a fait inscrire dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2015 une disposition qui contraint le laboratoire à un remboursement partiel à l'Assurance maladie du coût du médicament dès lors que le seuil Ondam est dépassé.

Pour éliminer toute barrière à l'accès au traitement et compte tenu de son caractère "irremplaçable et particulièrement coûteux", le ministère annonce que le médicament sEra pris en charge à 100% par l'Assurance maladie.

(Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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