La France frappée par des attentats sans précédent

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AU MOINS 129 MORTS ET 392 BLESSÉS DANS LES ATTENTATS À PARIS ET À SAINT-DENIS
AU MOINS 129 MORTS ET 392 BLESSÉS DANS LES ATTENTATS À PARIS ET À SAINT-DENIS

PARIS (Reuters) - L'Etat islamique a revendiqué samedi les attentats sans précédent qui ont frappé vendredi soir la France, où 129 personnes au moins ont trouvé la mort dans une série d'attaques menées par des hommes armés et munis d'explosifs.

François Hollande a décrété l'état d'urgence dans tout le pays pour la première fois depuis 1961, renforcé la sécurité dans les rues et aux frontières, et décrété un deuil national de trois jours face à cet "acte de guerre" commis dix mois après les attentats djihadistes de janvier dernier.

"C'est un acte de guerre qui a été préparé, organisé planifié de l'extérieur et avec des complicités intérieures que l'enquête permettra d'établir", a-t-il déclaré à l'issue d'un conseil de défense convoqué samedi matin à l'Elysée.

Le procureur de Paris, François Molins, a expliqué lors d'une déclaration à la presse que trois "équipes terroristes coordonnées" avaient très vraisemblablement commis la série d'attaques meurtrières qui ont commencé au Stade de France et se sont poursuivies simultanément dans les rues du centre de Paris.

Le dernier bilan, toujours provisoire, fait état de 129 morts et de 352 blessés, dont au moins 99 dans un état d'urgence absolue. Sept "terroristes" ont trouvé la mort au cours de leur "opération criminelle", a dit le procureur.

Trois des assaillants qui ont pénétré dans le Bataclan avant de prendre en otage pendant plusieurs heures le public ont évoqué "la Syrie et l'Irak" lors d'une brève négociation avec les forces de l'ordre, a-t-il précisé.

A ce stade, l'un des "terroristes" du Bataclan a été formellement identifié. Il est connu de la justice pour des délits de droit commun mais n'a jamais été incarcéré.

PASSEPORT SYRIEN

Il a fait l'objet d'une fiche "S" en 2010 pour radicalisation mais n'a jamais été impliqué dans des filières djihadistes, selon le procureur de Paris.

Un des trois kamikazes s'étant fait exploser à proximité du Stade de France portait un passeport syrien et n'était pas connu des services de renseignement français, a dit François Molins.

L'Etat islamique a revendiqué samedi matin dans un communiqué la responsabilité de ces attentats, affirmant que tous les membres des commandos étaient morts.

"Huit frères portant des ceintures d'explosifs et des fusils d'assaut ont pris pour cibles des endroits choisis minutieusement au coeur de la capitale", lit-on. "Allah a facilité à nos frères et leur a accordé ce qu'ils espéraient (le martyr), ils ont déclenché leurs ceintures d'explosifs au milieu (des) mécréants après avoir épuisé leurs munitions."

L'organisation djihadiste ajoute que ces attaques visaient à démontrer que la France demeurerait une cible privilégiée tant qu'elle poursuivra la même politique au Moyen-Orient, où elle mène des frappes contre Daech en Syrie et en Irak.

L'enquête s'oriente vers d'autres pays de l'UE.

Un ressortissant français qui a loué en Belgique une des trois voitures retrouvées sur les lieux des attentats a été arrêté par les autorités belges samedi en compagnie de deux autres personnes.

En outre, le détenteur du passeport syrien découvert près du corps d'un des auteurs des attaques est passé par la Grèce en octobre, a annoncé samedi le vice-ministre grec chargé de la police, Nikos Toscas, ce qui pourrait nourrir les craintes sur les réfugiés syriens accueillis en Europe.

Enfin, un homme arrêté début novembre en Bavière après la découverte d'armes et d'explosifs dans sa voiture pourrait être lié aux attentats de Paris, a annoncé samedi le ministre-président du land, Horst Seehofer.

LA FRANCE SERA "IMPITOYABLE"

François Hollande a annoncé que les forces de sécurité intérieure et l'armée étaient "mobilisées au plus haut niveau de leur possibilité" et que la France continuerait à frapper l'EI.

"La France, parce qu'elle a été agressée lâchement, honteusement, violemment, sera impitoyable à l'égard des barbares de Daech, elle agira avec tous les moyens dans le cadre du droit, avec tous les moyens qui conviennent et sur tous les terrains, intérieurs comme extérieurs, en concertation avec nos alliés qui eux-mêmes sont visés par cette menace terroriste."

François Hollande a prôné l'unité, fragile dans la classe politique, et annoncé qu'il s'adresserait lundi au Congrès réuni à Versailles.

Mais le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, a réclamé dès samedi des "inflexions majeures" dans le domaine de la sécurité parce que "nous sommes en guerre".

L'état d'urgence, qui avait pour la dernière fois été décrété en 2005 dans certaines zones lors des émeutes dans les banlieues, l'a été dans tout le pays pour la première fois depuis la guerre d'Algérie.

Le métro parisien, dont plusieurs lignes avaient été fermées dans la nuit de vendredi à samedi, avait retrouvé samedi midi une circulation normale mais les Parisiens étaient moins nombreux que d'habitude dans les rues de la capitale.

Tous les bâtiments publics, dont les musées et les écoles, ont été fermés et les manifestations interdites. Certains cinémas ont fermé leurs portes, comme des jardins publics.

Des grands magasins, comme le Printemps, ont également décidé de fermer samedi midi faute de personnel.

Les écoles rouvriront lundi, a annoncé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Mais les maires de France ont annulé le congrès qu'ils devaient tenir à Paris du 17 au 19 novembre.

Plusieurs partis politiques, dont le PS et le Front national, ont annoncé la suspension de la campagne électorale pour les élections régionales de décembre.

Le parquet de Paris a annoncé qu'une enquête avait été ouverte des chefs d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs criminelle pour préparer des atteintes criminelles à la personne.

(Service France, édité par Yves Clarisse)

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