La FNSEA dénonce les "discours de façade" des distributeurs

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LA FNSEA DÉNONCE L'ATTITUDE DES DISTRIBUTEURS
LA FNSEA DÉNONCE L'ATTITUDE DES DISTRIBUTEURS

PARIS (Reuters) - Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a dénoncé dimanche les "discours de façade" des dirigeants de la grande distribution à la veille de la fin des négociations commerciales annuelles, qui se tiennent dans un contexte de vives tensions et de guerre des prix.

"J'entends depuis plusieurs jours des patrons d'enseignes, la main sur le coeur, qui viennent gentiment derrière les caméras nous expliquer que tout va bien, qu'eux-mêmes vont prendre leurs responsabilités", a dit le président du principal syndicat agricole au Grand Rendez-Vous (iTELE, Le Monde et Europe 1).

"Quand nous voyons les acheteurs sur le terrain en ce moment même, (...) c'est quoi la demande de la grande distribution? Entre moins 4% et moins 8% sur tous les produits alimentaires", a-t-il ajouté.

"Est-ce qu'on peut tenir un discours de façade devant les caméras, est-ce qu'on peut avoir une attitude aussi détestable?".

Les agriculteurs français, en particulier les éleveurs de bovins et de porcs et les producteurs de lait, protestent depuis plusieurs mois contre des cours trop bas, inférieurs aux coûts de production.

Les éleveurs souhaitent notamment que les grands distributeurs s'engagent à respecter un prix équitable reversé au producteur et ils accusent les industriels de ne pas jouer le jeu de la transparence sur la répartition des marges.

Dans ce contexte tendu, la visite de François Hollande au salon de l'agriculture samedi a été mouvementée.

Les mesures récemment annoncées par le gouvernement, notamment la baisse des cotisations sociales pour le monde agricole, n'ont pas réussi à apaiser la colère de certains agriculteurs, qui ont accueilli le chef de l'Etat avec des sifflets, des appels à la démission et des insultes.

"Je présente des excuses au nom des noms qui ont été prononcés à l'égard du président", a déclaré Xavier Beulin. "Ça n'est pas respectable, ni pour la fonction, ni pour la personne".

"En revanche, les mouvements qui ont eu lieu tout au long du parcours du président c'était tout simplement l'expression d'une colère, d'un désespoir", a-t-il souligné, avant d'appeler au calme avant la visite du Premier ministre, Manuel Valls, prévue lundi.

(Marine Pennetier, édité par Marc Angrand)

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