La droite ambitionne de détrôner Alain Rousset dans le Sud-Ouest

le
0
LA DROITE À L'ASSAUT DE LA RÉGION AQUITAINE-POITOU-CHARENTES-LIMOUSIN
LA DROITE À L'ASSAUT DE LA RÉGION AQUITAINE-POITOU-CHARENTES-LIMOUSIN

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - La gauche sera difficile à détrôner dans la région Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin, la plus étendue de France, où la candidate de droite Virginie Calmels, protégée d'Alain Juppé, ambitionne de mettre fin au "système Rousset".

Président de la région Aquitaine depuis 1998, le socialiste Alain Rousset est largement favori des sondages, en raison notamment des bons résultats économiques de son fief.

Selon un sondage Ifop pour France Bleu publié le 25 novembre, les listes PS-PRG et celles des Républicains-UDI-MoDem de Virginie Calmels obtiendraient seraient à égalité (29%). Le Front national est crédité de 25%.

Au second tour, la gauche l'emporterait avec 39% contre 35% à la droite et 26% au Front national.

Seules ces trois listes devraient se qualifier pour le second tour, les autres ne parvenant pas à faire mieux que 5%, telles la liste écologiste de Françoise Coutant et celle du Front de gauche conduite par le porte-parole national du Parti communiste, Olivier Dartigolles.

L'enjeu est de taille pour cette nouvelle région de 12 départements, aussi grande que l'Autriche et peuplée de 5,8 millions d'habitants.

Le Limousin historiquement socialiste, le Poitou-Charentes ravi à la droite par Ségolène Royal en 2004 et l'Aquitaine seront représentés par 183 élus.

Le chef de file du FN, Jacques Colombier, qui se définit lui-même comme "un bébé Le Pen", entend toutefois contrarier le duel annoncé pour "devenir la principale force d'opposition au socialisme régional".

"LA DAME DE FAIRE"

De Virginie Calmels, objet de toute l'attention médiatique, il dit qu'elle n'"est pas une femme politique : elle coupe des rubans et inaugure des salons."

Ancienne directrice général d'Endemol France, société de production de programmes de téléréalité, Virginie Calmels, 44 ans, fut aussi administratrice du groupe Iliad et préside toujours le conseil de surveillance d'Euro Disney.

Cette chef d'entreprise, une quasi-novice en politique, est la première adjointe du maire de Bordeaux Alain Juppé, chargée de l'économie, de l'emploi et de la croissance. Qualifiée de "phénomène" par Jean-Pierre Raffarin, elle a été investie non sans difficulté en avril dernier avec le soutien de Nicolas Sarkozy.

"Je veux mettre fin au système Rousset", dit-elle en assurant vouloir appliquer à la région son expérience de dirigeante d'entreprises afin d'être "la dame de faire", jeu de mots en référence, notamment, au Premier ministre conservateur Margaret Thatcher.

Alain Rousset rétorque que "le programme économique de Mme Calmels parle finalement bien peu d'économie".

Un dossier a dominé la campagne, mise entre parenthèses comme dans les autres régions après les attentats du 13 novembre -- celui des lignes ferroviaires à grande vitesse, combat d'Alain Rousset, qui a le soutien d'Alain Juppé, mais sur lequel Virginie Calmels diverge d'avec son mentor.

Elle a jugé "d'un autre temps" le projet de LGV Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse dont le coût est évalué à 8,3 milliards d'euros et sur lequel la commission d'enquête publique avait rendu un avis négatif fin mars.

Jacques Colombier, Françoise Coutant et Olivier Dartigolles s'y opposent, préférant l'aménagement des lignes actuelles.

(Edité par Sophie Louet)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant