La crise des migrants au coeur d'un sommet franco-britannique

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LA CRISE DES MIGRANTS AU COEUR DU SOMMET FRANCO-BRITANNIQUE
LA CRISE DES MIGRANTS AU COEUR DU SOMMET FRANCO-BRITANNIQUE

PARIS (Reuters) - La crise des réfugiés qui bouleverse l'Europe et, en particulier, le sort des migrants de Calais, où la partie sud du bidonville est en cours de démantèlement, domineront jeudi le 34e sommet franco-britannique à Amiens, dans la Somme.

François Hollande et David Cameron, accompagnés de leurs ministres des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Défense, se retrouvent pour une journée également placée sous le signe du souvenir, avec une cérémonie marquant le centenaire de la bataille de la Somme. De juillet à novembre 1916, 400.000 soldats britanniques et 200.000 français y trouvèrent la mort.

Dans un contexte international difficile sur le plan sécuritaire, plusieurs textes seront examinés à Amiens sur des questions de défense - avec le projet d'une force expéditionnaire franco-britannique opérationnelle en avril -, de lutte contre le terrorisme et d'immigration.

Sur ce dernier point, la France a constaté "beaucoup de progrès", selon un diplomate, depuis la rencontre de l'été dernier entre les ministres Bernard Cazeneuve et Theresa May, en particulier en matière de surveillance du tunnel sous la Manche et des infrastructures portuaires.

Le renforcement des actions conjointes a permis de démanteler 28 réseaux de trafic d'être humains en 2015 à Calais, le double par rapport à 2014, dit-on de source française. Les migrants ne parviennent pratiquement plus à passer en Grande-Bretagne et la population du camp a été réduite.

Les dernières contributions britanniques, de l'ordre de 50 millions d'euros, ont aussi permis d'améliorer l'accueil des migrants, en particulier des mineurs, massés dans les campements de Calais et de Grande-Synthe, près de Dunkerque.

Le démantèlement de la partie sud du camp de Calais s'est poursuivi mercredi dans le calme, après les incidents survenus la veille entre forces de l'ordre et des militants.

Depuis lundi, 25.000 mètres carrés du sud de la "jungle" ont été démantelés, soit un dixième environ de la zone, et une centaine de migrants ont été envoyés dans des centre d'accueil disséminés sur le territoire français.

RÉFÉRENDUM SUR LE "BREXIT"

Le sommet d'Amiens ouvre une séquence européenne consacrée à la question des migrants qui comprend une rencontre entre François Hollande et Angela Merkel vendredi matin à l'Elysée pour préparer le sommet entre l'Union européenne et la Turquie de lundi prochain à Bruxelles. Le président français assistera ensuite mardi, à Venise, à un sommet franco-italien aux côtés du président du Conseil Matteo Renzi.

Le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, a souligné mercredi la nécessité de "préserver une solidarité européenne, une action européenne" sur la question des réfugiés.

La guerre en Syrie, d'où proviennent une bonne partie des demandeurs d'asile, reste en tête de l'agenda international, à l'heure où un fragile accord de cessation des hostilités est entré en vigueur ce week-end dans le pays.

Le sommet d'Amiens sera par ailleurs l'occasion d'une première rencontre entre David Cameron et François Hollande depuis l'accord européen de la mi-février qui conduit le Premier ministre à faire campagne pour le "oui" au maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, objet d'un référendum le 23 juin.

Le sujet ne sera abordé qu'à la marge jeudi. "Il y a eu un accord, il n'y a plus rien à négocier. C'est désormais une question de politique intérieure", explique-t-on à Paris.

David Cameron doit faire face à un rébellion eurosceptique au sein de son propre parti et le résultat du référendum, crucial pour l'avenir de l'Union, est incertain.

Au chapitre industriel, le sommet franco-britannique examinera le dossier relatif à la construction de deux réacteurs nucléaires de troisième génération qu'EDF projette de construire à Hinkley Point, à l'Ouest de l'Angleterre.

Le groupe français est en partenariat avec l'entreprise publique chinoise CGN, qui supportera un tiers du financement de ce projet de 18 milliards de livres (24,5 milliards d'euros).

Malgré les critiques, émanant notamment des syndicats d'EDF, ce chantier "reste un très bon investissement parce que c'est un investissement rentable", a dit le ministre français de l'Economie, Emmanuel Macron, mardi à l'Assemblée nationale.

(Elizabeth Pineau, avec Pierre Savary à Lille, édité par Yves Clarisse)

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