La Cour des comptes parle de "tolérance" de l'Etat sur l'alcool

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LA COUR DES COMPTES DÉNONCE LA "TOLÉRANCE" DE L'ÉTAT SUR L'ALCOOL
LA COUR DES COMPTES DÉNONCE LA "TOLÉRANCE" DE L'ÉTAT SUR L'ALCOOL

PARIS (Reuters) - Les politiques publiques de lutte contre les consommations nocives d'alcool en France sont peu efficaces en raison de la "tolérance" générale vis-à-vis de ce produit, écrit la Cour des comptes dans un rapport publié lundi.

La Cour, qui juge ce phénomène lié à l'héritage culturel et aux enjeux économiques, suggère de modifier la fiscalité, la réglementation de la distribution, du lobbying et de la publicité et de développer le contrôle et les sanctions de la conduite en état d'ivresse.

"L'Etat ne s'est pas donné les moyens d'infléchir les comportements à risque", écrit-elle.

La vente d'alcool à emporter représente 60% des ventes mais moins de 17% des contrôles, ce qui facilite la consommation des mineurs, l'encadrement de la publicité a été assoupli à plusieurs reprises et "l'encadrement des groupes de pression demeure peu contraignant", souligne le rapport.

"La fiscalité ne vise ni des objectifs de rendement, le vin, boisson la plus consommée, étant très peu taxé, ni des finalités de santé publique", poursuit la Cour.

Le vin représente ainsi 58% de la consommation et 71% du chiffre d'affaires hors exportation mais seulement 3,6% des droits d'accise, souligne-t-elle.

Le dépistage de l'alcool au volant régresse, les sanctions sont peu dissuasives ou difficiles à mettre en oeuvre et aucune mesure d'accompagnement vers des soins n'est prévue, poursuit-elle.

"La France sous-estime largement ses coûts sanitaires (de la consommation nocive d'alcool, NDLR), n'isole pas ses coûts de prévention et ne mesure pas de manière incontestable ses coûts économiques et sociaux", écrit encore la Cour des comptes.

Selon les chiffres cités dans le rapport, l'alcool causerait 49.000 morts par an en France et la consommation y était supérieure de 30% à la moyenne européenne en 2014, à près de 12 litres d'alcool pur par an et par habitant.

Le secteur des boissons alcoolisées génère un chiffre d'affaires de 22 milliards d'euros et représente 550.000 emplois directs et indirects, ajoute la Cour.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 il y a 6 mois

    Connaissez-vous la chanson:...le pinard, c'est de la vinasse...ça fait du bien, de par où qu'ça passe...:-)))

  • frk987 il y a 6 mois

    1,13 euros une boîte de bière de 50 cl à Intermarché, y a vraiment un problème, c'est exactement comme si le paquet de clopes était à 1 euro.

  • rraclot il y a 6 mois

    Allez ! Comme me disait un de mes amis, il y a une trentaine d'années, "on se boit le dernier et on ne se connaît plus "

  • frk987 il y a 6 mois

    Reconnaissons quand même que l'alcool est à un prix dérisoire, alignons sur le prix du tabac, car c'est encore plus meurtrier (je bois et fume) ......Quant à la vente aux mineurs c'est un vrai scandale, certes un gamin entrant dans une boutique avec 1l de vodka sera refoulé, mais dans un chariot avec une salade et un paquet de biscuits, ça passe sans problème.

  • opelin il y a 6 mois

    Les lobbys que ce soient les producteurs, les distributeurs, pharmaceutiques ... tiennent la France, l'état ne gouverne plus depuis longtemps sans leur influence/accord. La dernière ligne résume tout. Commençons par lutter contre la consommation sur la voie publique. L'Euro a bon dos, sanctionnons !!!

  • rraclot il y a 6 mois

    Lorsque les électeurs ne veulent plus d'un fonctionnaire "Élu " ... On le retrouve à.. "La cour des comptes "! C'est superbe.. Non??

  • rraclot il y a 6 mois

    La cour des comptes ! À vouloir tout voir et tout analyser... On ne sert plus à rien !!! Y a encore à faire...

  • M7097610 il y a 6 mois

    entre le prozac et quelques verres de vin entre amis, je préfère le vin