La Cour des comptes juge incertaine la baisse du déficit public

le
1
LA COUR DES COMPTES POINTE DES RISQUES SUR L'OBJECTIF DE RÉDUCTION DU DÉFICIT PUBLIC
LA COUR DES COMPTES POINTE DES RISQUES SUR L'OBJECTIF DE RÉDUCTION DU DÉFICIT PUBLIC

PARIS (Reuters) - La capacité de la France à réduire comme prévu son déficit public à 4,1% du PIB fin 2015 est incertaine, des risques pesant sur les prévisions d'économies comme de recettes fiscales, a déclaré mercredi le premier président de la Cour des comptes.

Lors de la présentation du rapport public annuel de la Cour, Didier Migaud a appelé à accentuer l'effort de gestion rigoureuse des finances publiques, soulignant que la confiance dont jouit la France à l'international "n'est pas infinie".

La Commission européenne rendra début mars son verdict sur la politique budgétaire de la France, dont le gouvernement a une nouvelle fois différé son objectif de ramener le déficit public à la limite européenne de 3% du produit intérieur brut.

Le gouvernement prévoit de ramener ce déficit à 4,1% du PIB fin 2015, après 4,4% estimé pour l'instant à fin 2014.

"L'effort devrait être plus résolu en faveur d'une gestion plus rigoureuse des finances et des services publics", a dit Didier Migaud.

"La confiance dont jouit notre pays dans les instances politiques, économiques et financières, aux niveaux européen et international, n'est pas infinie : elle est étroitement liée à la crédibilité de sa politique budgétaire", a-t-il ajouté.

Même si "les résultats de 2014 devraient s'avérer meilleurs que la prévision de 4,4%", a dit Didier Migaud, "la capacité de la France à tenir ses engagements reste incertaine pour 2015".

Côté dépenses, "un premier risque pèse sur la réalisation des 21 milliards d'euros d'économies annoncées", en raison notamment de l'impact de la faible inflation sur les économies prévues liées aux gels de rémunérations et de prestations sociales.

En outre, "les conséquences attendues de la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités locales demeurent hypothétiques : rien ne garantit qu'elles se traduiront par des réductions de même ampleur des dépenses locales".

Quant aux recettes fiscales, elles devraient être moins importantes que prévu en raison, encore, de l'inflation plus faible qu'attendu.

Les lois financières pour 2015 prévoient une inflation à 0,9% cette année, alors que la Commission européenne prévoit désormais qu'elle sera nulle, souligne la Cour.

Si le déficit dérape cette année, "le retour sous le seuil de 3% du PIB en 2017 sera probablement compromis", a ajouté Didier Migaud.

Pour tenir l'objectif, la France doit impérativement réussir à limiter la croissance des dépenses publiques à 1,1% comme prévu - un rythme qui n'a jamais été réalisé au cours des vingt dernières années -, à tenir l'objectif de dépenses d'assurance maladie (Ondam) à 2,1% et à maîtriser les dépenses des collectivités territoriales, estime la Cour.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Grégory Blachier)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • GAULLEC le mercredi 11 fév 2015 à 11:07

    Les déficits? Mais tout le monde s'en fout ou presque. flaNby s'en tape comme le gouvernement socialiste. Aucun problème, le pétrole a baissé de 60%, les taux d'intérêt sur la dette sont à 0.5%, l'euro a perdu 20% en 6 mois et la BCE a lancé à fond la planche à billets. La croissance va REVENIR, le chômage baisser et flaNby sera réélu en 2017 face à MLP. La vie est belle, pour...la clientèle socialiste.

Partenaires Taux