La correspondante de L'Obs contrainte de quitter la Chine

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LA JOURNALISTE FRANÇAISE URSULA GAUTHIER CONTRAINTE DE QUITTER LA CHINE
LA JOURNALISTE FRANÇAISE URSULA GAUTHIER CONTRAINTE DE QUITTER LA CHINE

par Sui-Lee Wee

PEKIN (Reuters) - La Française Ursula Gauthier, correspondante de L'Obs en Chine, va devoir quitter la Chine, les autorités ayant annoncé qu'elles ne renouvelleraient pas son accréditation pour 2016 après un article critique sur la politique du gouvernement chinois dans la région autonome du Xinjiang.

Ursula Gauthier explique que la décision du gouvernement a pour conséquence son départ de Pékin vendredi sur un vol Pékin-Paris qui doit décoller à 1h00 du matin.

Ce sera la première fois depuis plus de trois ans qu'un journaliste est obligé de quitter la Chine pour non renouvellement de son visa.

Samedi dernier, le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué qu'Ursula Gauthier ne pourrait plus travailler en Chine parce qu'elle n'avait pas présenté d'excuses publiques pour un article paru le 18 novembre sur le site internet de l'hebdomadaire.

La journaliste y soulignait que quelques heures après que le président chinois Xi Jinping eut déclaré que la Chine se tenait aux côtés de la France après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, le ministre chinois de la Sécurité publique annonçait l'arrestation de suspects pour l'attaque d'une mine de charbon en septembre dans le Xinjiang.

"Belle solidarité, mais non dénuée d'arrière-pensées", écrivait Ursula Gauthier.

Ces trois dernières années, plusieurs centaines de personnes sont mortes dans les troubles au Xinjiang, la région autonome des Ouïghours, des musulmans sunnites turcophones, et d'autres parties de la Chine.

Samedi dernier, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Lu Kang a accusé la journaliste de "soutenir ouvertement le terrorisme" par cet article.

Ursula Gauthier dit avoir eu des entretiens avec des responsables du ministère chinois des Affaires étrangères par trois fois depuis la fin novembre, après un article du Global Times, une publication contrôlée par l'Etat chinois, critiquant l'article qu'elle avait écrit sur la politique chinoise dans le Xinjiang.

"Ils voulaient que je présente des excuses publiques pour mes torts. Je ne peux pas m'excuser pour les crimes que je n'ai pas commis", a déclaré à Reuters Ursula Gauthier qui dit avoir reçu des menaces de mort.

En mai 2012, Melissa Chan, journaliste pour le service en langue anglaise de la chaîne de télévision Al Djazira, avait été contrainte de quitter la Chine. Les autorités avaient refusé de renouveler son visa pour violation non précisée de la législation chinoise. Il s'était agi à l'époque du premier cas de ce genre depuis 13 ans.

(Avec Joseph Campbell et Ben Blanchard; Danielle Rouquié pour le service français)

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  • berkowi le jeudi 31 déc 2015 à 10:16

    Rien ne m'étonne plus au Nouvel Obs. Il y a maintenant au moins 3 ans qu'ils ont perdu le sens des réalités. Leur alignement sur le monde arabe, sans discernement et de façon systématique, fait que je me suis désabonné depuis.

  • M4484897 le jeudi 31 déc 2015 à 09:27

    Elle a encore de la chance, pour une journaliste chinoise çà se serait fini derrière les barreaux et peut être avec un peu de plomb dans la cervelle

  • lorant21 le jeudi 31 déc 2015 à 08:57

    C'est dommage, elle ressemblait à Teng-Sio-Ping!