La COP21 invitée à dépasser les déclarations d'intention

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APPELS À LA COP21 À UN ACCORD SUR LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE
APPELS À LA COP21 À UN ACCORD SUR LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE

par Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry

LE BOURGET, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Les principaux dirigeants du monde ont ouvert lundi la conférence climat de Paris par des appels à un accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, que François Hollande a de nouveau souhaité "contraignant".

La 21e conférence des signataires de la convention des Nations unies sur les changements climatiques est considérée comme une des dernières chances de mettre l'économie mondiale sur la voie d'une économie sobre en énergies fossiles, avant que le réchauffement de la planète ne devienne catastrophique.

L'enjeu de la COP21 est de faire en sorte que ce réchauffement reste inférieur à 2°C en 2100, un objectif encore loin d'être acquis, même s'il fait pratiquement consensus.

"Les bons sentiments, les déclarations d’intention ne suffiront pas. Nous sommes au bord d’un point de rupture", a lancé le président français à quelque 150 chefs d'Etat et de gouvernement, pour la plupart arrivés au Bourget, sur le site de la COP21, aux premières heures de la matinée.

Il a invité les négociateurs des 195 pays participants, à pied d'oeuvre depuis dimanche, et leurs ministres de tutelle, qui devront sceller un compromis la semaine prochaine, à conclure un accord "universel, différencié et contraignant".

Universel parce qu'il devra concerner tous les pays, quel que soit leur degré de développement, contrairement au protocole de Kyoto auquel il doit succéder, et différencié, pour tenir compte précisément de leurs différentes situations.

A ce titre, François Hollande a demandé aux pays développés, qui ont émis des décennies durant le plus de gaz à effet de serre (GES), d'"assumer leurs responsabilités historiques", un message à l'adresse des pays émergents et en développement repris au bond par Barack Obama.

"Je suis venu en tant que leader de la première économie mondiale et du deuxième pays émetteur pour dire que les Etats-Unis, non seulement reconnaissent leur rôle dans la création de ce problème mais que nous prendrons notre responsabilité dans sa solution", a déclaré à la tribune le président américain.

STATUT JURIDIQUE INCERTAIN

Le statut juridique du futur accord est un des points les plus délicats. La chancelière allemande, Angela Merkel, a appuyé l'idée d'un "cadre" et de mécanismes de révision contraignants.

Barack Obama s'est pour sa part abstenu de réaffirmer les réserves traditionnelles des Etats-Unis vis-à-vis d'un texte qui serait "juridiquement contraignant".

Mais il a plaidé pour une stratégie à long terme et dit sa foi dans le progrès technologique.

"Si nous mettons en place les règles et les incitations adéquates, nous libérerons la puissance créatrice de nos meilleurs scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs pour développer des technologies propres", a-t-il dit.

Ceux qui lui ont succédé, dont le chinois Xi Jinping et le russe Vladimir Poutine, ont soutenu les objectifs de la COP21 mais également défendu leur politique de développement des énergies renouvelables ou de réduction des GES.

Vladimir Poutine était arrivé en retard et a raté la traditionnelle photo de famille, ce qui lui a permis d'éviter de côtoyer à cette occasion le président turc Recep Tayyip Erdogan, avec qui les relations sont tendues depuis qu'un avion de combat russe a été abattu par l'aviation d'Ankara.

Quant au Premier ministre indien, Narendra Modi, dont le pays détient une des clefs de l'issue de la COP21, il a assuré François Hollande, lors d'un entretien bilatéral, qu'il était venu porter un "message de succès", tout en insistant sur la différenciation des responsabilités, dit-on à l'Elysée.

Le rassemblement de 152 chefs d'Etat et de gouvernement en un même lieu, le même jour, est d'autant plus exceptionnel qu'il intervient après les attentats du 13 novembre à Paris, auxquels les orateurs ont pratiquement tous fait référence.

Avant de prendre l'un après l'autre la parole, ils ont observé une minute de silence à la mémoire des 130 personnes tuées lors de ces attentats, dont l'organisateur présumé a été abattu le 13 novembre à Saint-Denis, ville voisine du Bourget.

"Ces événements tragiques nous affligent mais en même temps nous obligent", a dit François Hollande.

"Je n’oppose pas la lutte contre le terrorisme à la lutte contre le réchauffement climatique. Ce sont deux grands défis mondiaux que nous devons relever", a-t-il ajouté.

(Edité par Sophie Louet)

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