La contrôleuse des prisons pour plafonner les incarcérations

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CONTRE LA SURPOPULATION CARCÉRALE, LA CONTRÔLEUSE DES PRISONS PROPOSE DE FIXER UN SEUIL D'INCARCÉRATIONS
CONTRE LA SURPOPULATION CARCÉRALE, LA CONTRÔLEUSE DES PRISONS PROPOSE DE FIXER UN SEUIL D'INCARCÉRATIONS

PARIS (Reuters) - La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté se dit favorable mardi à la mise en place d'un numerus clausus en prison pour éviter la surpopulation carcérale et rendre possible l'objectif d'encellulement individuel.

Adeline Hazan, ex-maire socialiste de Reims nommée à ce poste le 17 juillet dernier, propose cette réforme alors que le moratoire sur l'encellulement individuel en France prend fin ce mardi, sans que l'Etat soit en mesure de respecter son obligation légale.

"Mon prédécesseur avait milité pour une mise en place progressive de l'encellulement individuel. Je propose d'aller plus loin et déjà d'interdire la pratique des matelas au sol", déclare-t-elle mardi dans Le Parisien.

"Chaque nuit, plus de 1.000 détenus dorment par terre, dans des cellules déjà surchargées. C'est indigne. Pour régler le problème de fond, je suis favorable au numerus clausus."

Sur France Info, la ministre de la Justice Christiane Taubira s'est dite "tout à fait opposée" à cette proposition.

Selon des chiffres de l'administration pénitentiaire cités par Le Parisien, seuls 39% des détenus vivent seuls en cellule. Ils seraient encore moins -16%- en maison d'arrêt.

Face à cette situation, Adeline Hazan, magistrate de formation, propose d'adopter un "système de régulation" avec un seuil au-delà duquel il serait impossible d'incarcérer. Les emprisonnements impossibles seraient alors différés, après conversation entre les directeurs de prison et les juges.

"Avec de la pédagogie, je suis sûre que l'opinion publique serait prête à accepter cette réforme courageuse", dit-elle, jugeant "surprenant" que le gouvernement agisse "aussi tard."

L'encellulement individuel, prévu depuis 1875, n'a jamais été respecté en France. Le ministère de la Justice sera encore une fois contraint de demander un sursis cette année. Un amendement à la loi de finances devrait proposer un nouveau moratoire.

Mais pour éviter que l'histoire se répète, le député socialiste Dominique Raimbourg s'est vu confier une mission et doit proposer des mesures d'accompagnement de celui-ci avant fin novembre. Il estime qu'il faudra environ une décennie pour mettre en oeuvre cette pratique.

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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  • M6749774 le mardi 25 nov 2014 à 15:30

    Cette chère Madame Hazan n'a pas pensé qu'en livrant, comme notre contrat nous y oblige le Mistral à la Russie on peut construire autant de places de prison qu'il faut avec un nombre comparable à ceux des autres pays de l'OCDE. Votre idée, par ailleurs, montre une indigence du sens des responsabilités à peine croyable. Pensez plutôt alors, chère Madame, à mettre en place un numerus clausus des délinquants...

  • charleco le mardi 25 nov 2014 à 13:35

    Il y a beaucoup de malades mentaux en prison et les peines sont beaucoup trop longues. Je pense que la promiscuité et la saleté ne peuvent pas aider à la rédemption. Maintenant, vous pensez ce que vous voulez, mais on ne peut pas dire que l'univers carcéral soit émancipateur de l'humain.

  • M6695204 le mardi 25 nov 2014 à 12:09

    Pour ma gouverne,la question n'est pas tant celle du confort d'un détenu que de savoir si la menace de l’exécution de la peine est encore oui ou non dissuasive en 2014 avant le passage à l’acte.La réponse est clairement N O N !

  • bigot8 le mardi 25 nov 2014 à 11:48

    première leçon a tirer il n y a que environ 10%-20% MAXI de blancs en prison pourquoi ?

  • bigot8 le mardi 25 nov 2014 à 11:46

    et quoi encore ? faudrait arreter cette vague rose qui nous plongera dans le n importe quoi et la guerre civile