La CGT tentée par le radicalisme pour enrayer son déclin

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UN CONGRÈS DE LA CGT AU DOUBLE ENJEU
UN CONGRÈS DE LA CGT AU DOUBLE ENJEU

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - La CGT a entamé lundi à Marseille un congrès crucial pour son avenir, un an après l'éviction du secrétaire général Thierry Lepaon et face à une CFDT qui menace de lui ravir la première place des organisations syndicales françaises.

Philippe Martinez, qui a remplacé dans la douleur Thierry Lepaon en février 2015, a résolument placé la confédération sous le signe de l'opposition à la politique du gouvernement, dont la CGT rejette notamment le projet de réforme du Code du travail contre laquelle elle a co-organisé plusieurs journées d'action.

"Finies les promesses du candidat (François) Hollande qui voulait s'attaquer au monde de la finance et aux inégalités", a-t-il lancé lors de son discours d'ouverture.

"La finance, elle rigole, elle sabre le champagne (...) Jamais les inégalités n'ont été aussi importantes", a ajouté l'ancien métallo à l'épaisse moustache.

Pour la CGT, ce 51e congrès a un double enjeu : solder la succession ratée de Bernard Thibault, qui a culminé fin 2014-début 2015 avec l'affaire de la rénovation du logement de fonction et du bureau de Thierry Lepaon ; mais surtout enrayer la perte d'influence de la première centrale syndicale française désormais talonnée par le premier syndicat réformiste, la CFDT.

Philippe Martinez, assuré d'être reconduit à la tête de l'organisation, s’est employé à apaiser les tensions internes, attisées par le départ mouvementé de son prédécesseur.

"Si cette période a été difficile, nous avons réussi à la surmonter, nous n’avons rien cédé à ceux qui rêvaient d’une CGT qui rentre dans le moule, voire qui disparaisse", a-t-il dit.

Thierry Lepaon est pressenti aujourd'hui pour diriger une nouvelle "Agence française pour la cohésion sociale" mais est resté payé, en attendant, par la CGT.

ÉROSION

Sa présence a été conspuée par les militants, qui ont aussi réservé une bronca à une délégation du Parti socialiste.

Mais c'est l'avenir de la confédération qui sera surtout au coeur des débats des quatre prochains jours.

"La CGT est bien présente dans le paysage social français, c’est la première centrale syndicale de notre pays et elle compte bien le rester", a lancé Philippe Martinez.

"On nous traite de dinosaure, de dernier des soviets. Ces insultes nous montrent au contraire qu’on est bien vivant, car on ne tire pas sur les morts", a-t-il dit.

La crainte de perdre la première place des organisations syndicales lors de la prochaine mesure de leur représentativité en mars 2017 est dans l’esprit des délégués. Philippe Philippe Martinez l'a lui-même reconnu lors d'une récente rencontre avec l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

"On constate (...) qu'il y a un différentiel de 300.000 électeurs entre la CFDT et nous", avait-il alors expliqué. "Cela pose la question de notre implantation dans les entreprises."

En 2013, la CGT, qui revendique près de 700.000 adhérents, est arrivée juste en tête des élections professionnelles avec 26,77% des suffrages, devant la CFDT (26%), Force ouvrière (15,94%), la CFE-CGC (9,43%) et la CFTC (9,30%).

Depuis, la CGT a continué à perdre du terrain dans ses bastions historiques comme l'automobile, Airbus, La Poste, EDF, la SNCF, Air France, ainsi que dans la fonction publique.

"TRAVAUX PRATIQUES"

Pour Olivier Matteu, dirigeant de l’union départementale des Bouches-du-Rhône, où la CGT règne presque sans partage dans la manutention portuaire ou l'industrie pétro-chimique, "il est toujours possible d’inverser le cours des choses".

Toute la question est de savoir sur quelle base stratégique la CGT va vouloir regagner le terrain perdu.

"Nous ne pouvons pas nous cantonner à la seule contestation", a déclaré Philippe Martinez. "Oui, nous avons des propositions modernes, n'en déplaise à tous ceux qui voudraient nous isoler dans la seule contestation."

Il n'en a pas moins estimé que la mobilisation contre la réforme du Code du travail constituait une forme de "travaux pratiques" dans la perspective d'une "convergence des luttes".

Si Philippe Martinez est assuré d'être reconduit, la composition de sa future équipe reste encore pour une bonne part incertaine. Et c'est elle qui donnera une idée plus précise de l'orientation choisie.

"J'ai peur que la constestation systématique l'emporte parce que c'est la voie la plus facile", confie un spécialiste des questions syndicales. Mais si c'est le cas, "on peut penser que l'affaiblissement (de la CGT) va se poursuivre parce qu'il y a un décalage assez profond entre le ressenti des salariés [et] la direction confédérale", ajoute cet ancien syndicaliste.

(Avec Emmanuel Jarry à Paris, édité par Yves Clarisse)

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  • jbellet le mardi 19 avr 2016 à 15:04

    Le pire syndicat .... il ne défend pas les travailleurs mais sa place.... la cgt fait perdre des milliers d'emplois a la France chaque année

  • frenchto le mardi 19 avr 2016 à 09:18

    La CGT est responsable de la fermeture de toutes les usines en France

  • M2266292 le mardi 19 avr 2016 à 08:09

    Voilà une belle bande d'inutiles

  • g.joly1 le lundi 18 avr 2016 à 22:47

    Alors :-)))))

  • Alananas le lundi 18 avr 2016 à 20:51

    "Oui, nous avons des propositions modernes" à dit Martinez. C est bon de rire.

  • C177571 le lundi 18 avr 2016 à 20:03

    Moustache est la cause première des inégalités.A force de faire fermer des usines donc de mettre des gens au chômage,il n'y a pas besoin de la crise pour priver les types de travail!!!!