La CGT de Philippe Martinez veut mobiliser contre l'austérité

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LA CGT DE PHILIPPE MARTINEZ VEUT MOBILISER CONTRE L'AUSTÉRITÉ
LA CGT DE PHILIPPE MARTINEZ VEUT MOBILISER CONTRE L'AUSTÉRITÉ

PARIS (Reuters) - A peine investi à la tête de la CGT, Philippe Martinez a confirmé mercredi l'humeur revendicative de son organisation, en appelant à l'unité syndicale "la plus large" contre les "politiques d'austérité".

Au lendemain de l'élection d'un bureau confédéral composé pour moitié de partisans d'une ligne radicale, le nouveau secrétaire général a annoncé l'organisation, au début du printemps, d'une "journée nationale interprofessionnelle de mobilisation" aux mots d'ordre très larges : salaires, emploi, conditions de travail, protection sociale, retraites ...

"La priorité aujourd'hui comme hier est de proposer des alternatives aux politiques d'austérité", a déclaré Philippe Martinez lors de sa première conférence de presse de numéro un de la première organisation syndicale française.

Cet homme de 53 ans, père de deux enfants, jusqu'ici numéro un de la puissante fédération des métallos CGT, a ainsi qualifié de "bonne nouvelle" l'arrivée au pouvoir en Grèce du parti de gauche radicale Syriza sur un programme anti-austérité.

Né dans une famille d'immigrés espagnols -- un père ancien volontaire des brigades internationales et une mère femme de ménage -- il est étiqueté CGT "canal historique" et proche du PC, bien qu'il ait déclaré mercredi ne plus en être membre.

Il a cité parmi les propositions que la CGT entend défendre dans les prochains mois une augmentation des salaires et du smic et une réduction du temps de travail.

Il a déploré le "morcellement du syndicalisme" français et dit vouloir créer les conditions de l'unité syndicale "la plus large possible", notamment pour la journée de mobilisation du printemps, afin de "redonner espoir aux salariés".

"Etre efficace dans les luttes nécessite de rassembler le syndicalisme", a souligné Philippe Martinez, qui a inclu la CFDT dans cette démarche tout en admettant l'existence de divergences avec l'organisation dirigée par Laurent Berger.

Il a précisé qu'il prendrait prochainement contact avec les dirigeants des autres centrales syndicales.

RAPPORT DE FORCES

Son investiture et celle du nouveau bureau confédéral par le Comité confédéral national (parlement) de la CGT a mis fin à une crise de trois mois ouverte par des révélations sur le train de vie de son prédécesseur démissionnaire, Thierry Lepaon.

Cette crise a aussi été le révélateur d'un malaise profond vieux de plusieurs années au sein de la CGT.

Philippe Martinez a un an, jusqu'au congrès du printemps 2016, pour redresser cette organisation de près de 700.000 adhérents, qui a perdu du terrain dans de nombreux secteurs aux dernières élections professionnelles.

"Il n'y a pas une nouvelle CGT qui est née hier avec l'élection d'un nouveau bureau", a-t-il assuré. "Mais il y a une CGT qui s'interroge" sur les moyens d'être "utile" et efficace.

Il a évoqué la nécessité pour la confédération de renforcer ses liens avec les salariés et "d'avoir plus d'échanges avec les syndiqués" et annoncé une "grande campagne de syndicalisation".

Il a dénoncé la façon dont se déroulent les négociations entre les partenaires sociaux au niveau national -- "On est au Medef, avec tous les outils du Medef, c'est eux qui décident les pauses, les reprises, c'est eux qui proposent un texte."

Il a cependant assuré qu'il n'était pas, par principe, opposé à la notion de compromis : "Un mot qui me donne de l'urticaire, c'est compromission. Ce n'est pas la même chose. Une négociation, c'est toujours un compromis."

"Est-ce que la CGT dit toujours non ? Ça dépend de la question qu'on lui pose. Malheureusement, le rapport de forces n'est pas toujours suffisant pour qu'on puisse dire oui", a ajouté le successeur de Thierry Lepaon.

(Emmanuel Jarry, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • gomaju le mercredi 4 fév 2015 à 23:09

    ben voyons camarade pReparer les pancartes et HUE .....

  • nono67 le mercredi 4 fév 2015 à 22:14

    krasuki en pire . Baisse du temps de travail , hausse des salaires blablabla . Les cocos sont de retour !!

  • M4484897 le mercredi 4 fév 2015 à 19:32

    il y a encore trop d'entreprises en France et les casseurs du travail vont aider a en fermer quelques unes. Aucun risque que ,comme au Japon, le gouvernement soit obligé de légiférer pour obliger les travailleurs (surtout cégétistes)a prendre leurs congés

  • mipolod le mercredi 4 fév 2015 à 18:55

    L'austérité en France s'est aussi l'œuvre des syndicats bornés toujours prêt à défendre les fonctionnaires et à couler les entreprises.