La BCE attendra avant d'assouplir ses règles pour la Grèce

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LA BCE DIFFÈRE SA DÉCISION POUR LA GRÈCE
LA BCE DIFFÈRE SA DÉCISION POUR LA GRÈCE

VIENNE/ATHENES (Reuters) - La Banque centrale européenne a fait le choix jeudi de reporter sa décision sur l'octroi à la Grèce d'un accès à des financements bancaires bon marché, expliquant qu'elle attendait qu'Athènes ait levé la totalité des doutes qui persistent sur l'application des accords avec ses créanciers.

La Bourse d'Athènes a creusé ses pertes après l'annonce de la BCE et fini en repli de 0,92% tandis que l'indice local du secteur bancaire cédait 3,07% et que le rendement des obligations d'Etat grecques à deux ans remontait à 7,44%, en hausse de 28 points de base sur la journée.

Lors d'une conférence de presse à Vienne, le président de la BCE, Mario Draghi, a expliqué que le Conseil des gouverneurs avait débattu d'un rétablissement de l'exemption qui permet à la BCE d'accepter les emprunts d'Etat grecs comme garantie lors de ses opérations de refinancement des établissements bancaires bien que ces titres soient notés en catégorie spéculative ("junk").

Une telle exemption est redevenue envisageable depuis qu'Athènes a conclu, la semaine dernière, un nouvel accord avec ses créanciers. Mais Mario Draghi a déclaré que la BCE n'était pas encore disposée à franchir le pas.

"Nous avons eu une présentation, nous n'avons pas pris de décision. Le Conseil des gouverneurs reconnaît les progrès importants accomplis au cours des derniers mois", a-t-il dit. "Une fois que les dispositions préalables (prévues par l'accord avec les créanciers-NDLR) seront mises en oeuvre, le Conseil des gouverneurs prendra une décision qui conduira au rétablissement de l'exemption."

"Cela nécessitera une nouvelle réunion", a-t-il ajouté.

La Vouli, le Parlement grec, devait se prononcer plus tard dans la journée sur un texte répondant aux questions laissées ouvertes par l'accord conclu la semaine dernière à Bruxelles. Elle pourrait ainsi lever le dernier obstacle au versement par les créanciers de 10,3 milliards d'euros d'aide au cours des prochaines semaines.

"Il est possible que lors de la prochaine réunion de la BCE, nous assistions au rétablissement de l'exemption", a dit le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, à son gouvernement, selon des propos diffusées par la télévision publique.

Les banques grecques n'ont plus accès depuis début 2015 aux opérations habituelles de refinancement de la BCE, ouvertes aux banques de tous les autres pays de la zone euro.

Elles dépendent depuis de la fourniture de liquidité d’urgence (emergency liquidity assistance, ELA) de la BCE, dont le taux d'intérêt est généralement supérieur de 100 à 150 points de base au taux de refinancement de l'institution, actuellement nul.

"Un léger retard n'est pas problématique", a déclaré George Poulopoulos, directeur financier de la Banque du Pirée, numéro un du crédit dans le pays.

"Une fois que le Groupe de travail de la zone euro aura donné son feu vert aux mesures préalables, on peut s'attendre à ce que l'exemption soit rétablie lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE."

(Francesco Canepa et George Georgiopoulos; Patrick Vignal et Marc Angrand pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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