L'Unicef dénonce l'exploitation des migrants mineurs

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L'UNICEF ÉVOQUE LA SITUATION DES MIGRANTS MINEURS EXPLOITÉS
L'UNICEF ÉVOQUE LA SITUATION DES MIGRANTS MINEURS EXPLOITÉS

par Magdalena Mis

LONDRES (Fondation Thomson Reuters) - Les enfants et adolescents migrants qui attendent de traverser la Manche dans le nord de la France sont forcés de se livrer au crime et à la prostitution s'ils veulent s'assurer une place dans les camps de réfugiés ou la promesse d'un passage vers le Royaume-Uni, rapporte jeudi l'Unicef.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance explique que l'exploitation sexuelle, la violence et le travail forcé sont une menace constante pour les enfants voyageant seuls et exhorte les autorités françaises à faire davantage pour leur protection.

"Nous savons qu'il s'agit d'un problème de longue date, depuis une dizaine d'années, mais c'est devenu bien plus extrême et sévère l'année dernière avec le développement de la crise mondiale des réfugiés", commente Melanie Teff, responsable au sein de la branche britannique de l'organisation.

"Nous avons entendu l'histoire de jeunes filles demandant cinq euros pour être sexuellement exploitées afin de pouvoir entrer dans le camp, ou pour commencer à payer leur passage vers le Royaume-Uni", a-t-elle dit à la Fondation Thomson Reuters.

Sur les quelque 206.200 personnes arrivées en Europe par la mer cette année (chiffres arrêtés au 4 juin), un tiers sont des enfants, selon des chiffres cités mardi par l'Unicef.

De nombreux enfants et adolescents aboutissent dans des camps de réfugiés ou des zones de regroupement officieux, comme le bidonville de Calais surnommé la "jungle".

Cinq cents mineurs non accompagnés vivent dans sept camps de la côte des départements du Nord et du Pas-de-Calais, notamment à Dunkerque et Calais, estime l'Unicef, qui ajoute que 2.000 enfants y sont passés en un an.

Plusieurs enfants ont dit à l'agence onusienne avoir été détenus par divers groupes criminels qui ont réclamé des rançons à leurs familles, tandis que d'autres ont raconté avoir été contraints de travailler dans des conditions proches de l'esclavage pour payer leur traversée.

Face à des passeurs qui demandent entre 5.000 euros et 7.000 euros pour traverser la Manche, certains enfants cherchent des alternatives pour faire la traversée, et tentent par exemple de grimper à bord de camions frigorifiques.

"Il n'y aucune scolarité de fournie et la plupart des nuits les enfants errent des heures et essaient de monter dans des camions", a dit Melanie Teff.

En moyenne, les enfants restent cinq mois dans les camps du nord de la France avant de partir, même si dans certains des cas le séjour s'éternise jusqu'à plus d'un an.

Soixante enfants et adolescents entre 11 et 17 ans, venus d'Afghanistan, d'Egypte, d'Érythrée, d'Ethiopie, d'Iran, du Koweït, de Syrie et du Vietnam ont été interviewés dans les campements qui bordent la Manche entre janvier et avril 2016 par l'Unicef.

(Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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