L'Ukraine accuse la Russie d'une incursion militaire

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L'UKRAINE ACCUSE LA RUSSIE D'UNE INCURSION MILITAIRE
L'UKRAINE ACCUSE LA RUSSIE D'UNE INCURSION MILITAIRE

par Natalia Zinets et Richard Balmforth

KIEV (Reuters) - L'Ukraine a affirmé vendredi avoir détruit une partie importante d'une colonne de blindés russes ayant franchi la frontière la nuit précédente.

La Russie a démenti toute incursion militaire de ce type, qui, si elle était avérée, ferait franchir un palier supplémentaire à la crise.

L'Union européenne a prévenu que "toute action militaire unilatérale en Ukraine de la part de la Fédération de Russie (...) y compris pour des motifs humanitaires sera considérée (...) comme une violation flagrante du droit international".

Réunis à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont souligné que les Vingt-Huit étaient prêts à imposer de nouvelles sanctions.

La déclaration ukrainienne sur la destruction partielle d'une colonne de blindés russes en Ukraine, moins d'une heure avant la clôture des Bourses européennes, a immédiatement provoqué un retournement des marchés financiers.

L'indice CAC 40, qui gagnait plus de 1% en milieu d'après-midi, a terminé en repli de 0,74% à 4.174,36 points.

Lors d'un entretien avec le Premier ministre britannique David Cameron, le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré que l'information du journal The Guardian sur une incursion de blindés russes "était fiable et confirmée parce qu'une partie importante de ce matériel a été détruit dans la nuit par l'artillerie ukrainienne".

Un porte-parole des forces ukrainiennes, Andriy Lissenko, a en outre déclaré que celles-ci avaient essuyé des tirs d'artillerie en provenance de Russie.

La Grande-Bretagne a convoqué l'ambassadeur de Russie pour lui demander sa version des faits.

David Cameron a exprimé sa profonde préoccupation et a exhorté la Russie à apporter la preuve de sa bonne volonté pour résoudre pacifiquement la crise dans l'est de l'Ukraine, où des séparatistes pro-russes ont pris les armes en avril.

LE FLOU PERSISTE SUR LE CONVOI HUMANITAIRE RUSSE

Sans parler d'intervention militaire, l'Otan a quant à elle fait état d'une "incursion russe" dans la nuit de jeudi à vendredi en Ukraine.

"Cela confirme simplement le fait que nous assistons à un flux continu d'armes et d'hommes en provenance de Russie dans l'est de l'Ukraine et il s'agit d'un signe manifeste d'une implication russe continue dans la déstabilisation de l'est de l'Ukraine", a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen.

Un porte-parole des gardes-frontières russes, cité par les agences de presse russes, a démenti que des unités militaires aient franchi la frontière avec l'Ukraine.

Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part accusé les autorités ukrainiennes de tenter de perturber la mission humanitaire russe destinée à l'est du pays en intensifiant son offensive contre les séparatistes.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a invité Moscou et Kiev à trouver rapidement un terrain d'entente concernant le transfert de cette aide humanitaire russe, contenue dans un convoi de 280 camions arrivés jeudi à Kamensk-Chakhtinski, à une vingtaine de kilomètres de la frontière.

La Croix-Rouge distribuera elle-même cette aide à la population et aux centres de soins de la région, a précisé Laurent Corbaz au nom du CICR.

L'opération "prendra un certain temps" en raison des problèmes logistiques et des mesures de sécurité, souligne-t-il dans un communiqué.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a annoncé qu'il rencontrerait dimanche à Berlin ses homologues russe, allemand et français.

(Avec Maria Tsvetkova et Alexander Winning à Moscou et Alexei Anishchuk à Sotchi, en Russie; Jean-Philippe Lefief, Agathe Machecourt et Bertrand Boucey pour le service français)

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