L'UE ne doit pas en finir avec Schengen, dit François Hollande

le
0
FRANÇOIS HOLLANDE ESTIME QUE L'UE NE DOIT PAS EN FINIR AVEC SCHENGEN
FRANÇOIS HOLLANDE ESTIME QUE L'UE NE DOIT PAS EN FINIR AVEC SCHENGEN

PARIS (Reuters) - L'Union européenne ne doit pas en finir avec Schengen, même si le rétablissement de contrôles transitoires s'impose face à l'afflux des migrants, a déclaré jeudi François Hollande à l'issue d'un dîner de travail avec le président du Conseil italien Matteo Renzi.

L'Italie est en première ligne de ces mouvements de populations, les plus importants en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, et porte une partie de la solution imaginée par les Européens, car c'est sur son sol que doivent être installés certains centres européen d'accueil et de tri ("hotspots") des migrants.

"Depuis des mois, Matteo Renzi alerte l'Union européenne face à l'arrivée continue et croissante de migrants, insupportable pour un seul pays", a souligné le président français à Modène, selon une déclaration transmise à Reuters.

"Nous attendons des prochaines réunions européennes trois décisions : la création des 'hotspots', travailler avec la Turquie, agir sur les pays qui accueillent les réfugiés et qui doivent être aidés, en particulier en Afrique de l'Ouest", a-t-il ajouté.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé jeudi la tenue d'un sommet exceptionnel sur la crise migratoire mercredi prochain. Réclamé notamment par l'Allemagne, il se tiendra le 23 septembre au lendemain d'un conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne.

La France attend de la réunion de mardi un compromis sur trois points : la mise en place des 'hotspots', qui a fait l'objet cette semaine d'un accord européen de principe, comment raccompagner ceux qui ne relèvent pas du droit d'asile et la répartition des 120.000 réfugiés supplémentaires proposée au niveau européen.

NE PAS RECONSTRUIRE LES FRONTIÈRES

Les tensions se sont nettement aggravées ces derniers jours entre Européens. Le Premier ministre français, Manuel Valls, a dénoncé mercredi la façon "inacceptable" dont certains pays, Hongrie en tête, refusaient de jouer le jeu européen et des ministres allemands ont évoqué des mesures de rétorsion.

En portant atteinte à libre circulation des personnes, un des fondements de l'Union européenne, cette crise met en danger l'ensemble du projet européen, dit-on à Paris, même si les accords de Schengen n'ont pour l'instant pas été piétinés.

"Les frontières intérieures ne doivent pas être reconstruites, même si cela ne veut pas dire de ne pas réinstaurer des contrôles comme en Autriche ou en Allemagne, mais nous ne devons pas en finir avec Schengen", a réaffirmé François Hollande à Modène.

L'agence Frontex chargée du contrôle des frontières de l'UE a annoncé mardi que 156.000 migrants avaient été enregistrés en août aux frontières extérieures de l'Union européenne.

Selon elle, plus de 500.000 migrants ont été détectés depuis le début de l'année, même si un grand nombre d'entre eux ont été comptabilisés deux fois, à leur arrivée en Grèce depuis la Turquie puis à leur entrée en Hongrie, via la Serbie.

Sur l'ensemble 2014, Frontex avait comptabilisé 280.000 arrivées aux frontières extérieures de l'UE.

(Jean-Baptiste Vey et Sophie Louet)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant