L'UE invitée à placer l'asile des migrants au coeur des débats

le
1
L'UE INVITÉE À PLACER L'ASILE DES MIGRANTS AU COEUR DES DÉBATS
L'UE INVITÉE À PLACER L'ASILE DES MIGRANTS AU COEUR DES DÉBATS

par Stephanie Nebehay

GENEVE (Reuters) - Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a exhorté mardi les dirigeants de l'Union européenne à aider davantage l'Italie et la Grèce à faire face à la crise des migrants en Méditerranée, et à bien assurer la protection des personnes recueillies.

Le HCR s'est félicité du plan en dix points entériné lundi par les ministres européens des Affaires étrangères et de l'Intérieur, y voyant un bon début, tout en notant que l'accent était mis sur les aspects judiciaires. Ce plan a été arrêté après le naufrage en Méditerranée d'un chalutier à bord duquel se trouvaient croit-on 900 migrants.

Un sommet européen extraordinaire consacré à la crise des migrants en Méditerranée aura lieu jeudi, à la demande de l'Italie, en première ligne pour venir au secours des navires de migrants en détresse au large de ses côtes.

"Les dirigeants politiques européens devront apporter les réponses qui conviennent, fondées sur les valeurs fondamentales de l'Europe, sur les droits de l'homme et la dignité humaine, la responsabilité, la solidarité", a déclaré Volker Turk, Haut Commissaire adjoint, lors d'une conférence de presse.

Soulignant que "le diable est dans les détails", le numéro deux du HCR a dit vouloir s'assurer que "la composante asile, l'aspect protection des personnes soit la priorité de ces mesures".

PRÈS DE 1.800 MORTS EN QUATRE MOIS

Depuis le début de l'année, on estime que 35.000 migrants ont tenté de traverser la mer Méditerranée pour fuir la pauvreté, la misère, les violences et les guerres. La plupart sont partis des côtes libyennes.

Après la tragédie du week-end dernier, ils seraient désormais près de 1.800 à avoir trouvé la mort lors de leur traversée. Les mois d'été étant les plus favorables, les chiffres devraient encore augmenter.

En 2014, selon les chiffres de l'Organisation internationale des migrations (OIM), 174.000 migrants environ avaient réussi à atteindre les rivages nord de la Méditerranée; 3.200 autres avaient péri en mer. Mais au même stade de l'année, à fin avril, les pertes étaient inférieures à 100 morts.

Le plan entériné lundi à Luxembourg prévoit notamment de doubler les moyens et le budget de l'opération Triton, la mission de surveillance des frontières maritimes en Méditerranée.

Ce doublement ne suffirait cependant pas à porter Triton au niveau de déploiement de Mare Nostrum, la mission lancée par l'armée italienne et interrompue l'an dernier en raison de son coût et de l'opposition politique qu'elle suscitait dans la péninsule. Triton, dont le budget mensuel est de 2,9 millions d'euros, trois fois moins que Mare Nostrum, a démarré avec sept navires, deux avions et un hélicoptère.

Les ministres européens ont également validé la destruction des embarcations utilisées par les passeurs.

PREMIÈRE ÉTAPE D'UN LONG PROCESSUS

Le plan a été prudemment salué par Matteo Renzi, le président du Conseil italien qui réclame de longue date davantage de solidarité de ses partenaires européens. Dans la crise des migrants, l'Italie est en première ligne, de même, dans une moindre mesure, que la Grèce, Malte et l'Espagne.

"Hier, pour la première fois, l'Europe était en alerte et en soutien, passant des engagements tangibles que nous allons essayer de clarifier d'ici à la réunion du Conseil européen (extraordinaire)", a écrit le chef du gouvernement italien sur sa page Facebook.

Il voit dans ce plan une "première étape" dans un long processus.

A Genève, le HCR a proposé d'accroître les moyens de recherche et de sauvetage en mer, d'améliorer le relogement des réfugiés, d'augmenter les admissions sur des critères humanitaires et des moyens juridiques parallèles pour entrer sur le territoire européen, a souligné Volker Turk.

Le HCR incite également les Européens à envisager une possible "clef de répartition" qui garantirait à l'Italie et à la Grèce de ne pas porter seules, du fait de leur situation géographique, le fardeau mais le répartirait entre les Etats membres de l'UE.

En déplacement à Vienne, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a convenu avec le chancelier autrichien Werner Faymann que le sommet extraordinaire de jeudi devrait déboucher sur des moyens financiers concrets.

En France, François Hollande a estimé que le conseil européen de Bruxelles ne pouvait pas se contenter de "décisions ordinaires".

"J'appelle maintenant tous les Européens, et au-delà d'ailleurs, à régler des questions qui maintenant sont devenues insupportables sur le plan humanitaire, insupportables sur le plan politique", a ajouté le président français.

(avec Shadia Nasralla à Vienne et Elizabeth Pineau à L'Haÿ-les-Roses, Val-de-Marne, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • pier4564 le mardi 21 avr 2015 à 19:26

    stop au béatisme administratif, pour arrêter ce trafic, il faut arraisonner les bateaux et reconduire tout ce beau monde en afrique;le projet européen risque de d&cupler les flux et les morts!