L'Onu pour de nouvelles négociations sur la Syrie

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L'ARMÉE SYRIENNE PROGRESSE VERS ALEP
L'ARMÉE SYRIENNE PROGRESSE VERS ALEP

par Tom Miles

GENEVE/BEYROUTH (Reuters) - La date de la prochaine session des négociations de paix sur la Syrie sera dévoilée vendredi après que le Conseil de sécurité de l'Onu aura été informé de la situation, a annoncé l'émissaire Staffan de Mistura alors que les combats se poursuivent sur le terrain avec des gains de l'armée régulière près d'Alep.

Les pays membres du "Groupe international de soutien à la Syrie" (GISS) tiendront également vendredi une réunion de leur groupe de travail sur la trêve, a dit l'émissaire onusien, jeudi à Genève.

Il s'agira de sa première réunion, dans la foulée de la proposition faite lundi dernier par Américains et Russes en vue d'une cessation des hostilités en Syrie.

De Mistura a prévu d'informer vendredi le Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation après la réunion de Munich et d'annoncer ensuite la date du nouveau tour de table.

La proposition soutenue par les Américains et les Russes prévoit un "arrêt des hostilités" vendredi à midi (10h00 GMT) et un arrêt des combats samedi.

Cette avancée pourrait améliorer la situation humanitaire sur le terrain. "Je dirais que nous espérons très fermement que les choses puissent mieux se dérouler maintenant", a commenté Jan Egeland, conseiller de Staffan de Mistura pour les questions humanitaires.

"Nous devons encore couvrir les dernières zones dans la liste des régions assiégées. La plupart d'entre elles se trouvent dans la Ghouta orientale et nous allons envoyer des convois là-bas dans les prochains jours", a ajouté Jan Egeland.

Il a également appelé les puissances internationales et régionales à faire usage de leur influence auprès des parties en conflit pour que des convois puissent parvenir dans les régions d'Alep et de Homs. Au total 480.000 personnes vivent dans des villes assiégées.

L'ARMÉE PROGRESSE VERS ALEP

Mercredi, l'Onu a procédé à des largages d'aide alimentaire à Daïr az Zour où 200.000 personnes subissent le siège des djihadistes de l'Etat islamique dans l'est du pays. Le Programme alimentaire mondial (Pam), à l'origine de cette initiative, a prévu de nouveaux largages, ceux effectués la veille ne s'étant pas tous bien déroulés.

En attendant l'entrée en vigueur d'une éventuelle trêve, l'armée syrienne appuyée par l'aviation russe a continué à pousser son avantage militaire et repris le contrôle d'une ville tenue par l'EI près d'un axe routier conduisant à Alep, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

La ville de Khanaser, située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de cette agglomération stratégique, était tombée aux mains des djihadistes il y a deux jours.

Ces derniers ont été contraints de se replier après l'envoi de renforts par l'armée syrienne et par les milices chiites qui la soutiennent. Des combats violents se poursuivent dans les faubourgs de la ville, près des villages de Rasm al Nafal et de Bourg al Zarour, a précisé l'agence de presse Amak, proche de l'EI.

De son côté, l'aviation russe a pilonné plusieurs zones rebelles dans le nord-ouest de la Syrie et la province de Lattaquié, près de la frontière avec la Turquie.

La reprise des territoires perdus dans cette partie du pays est un axe essentiel de la stratégie militaire des Syriens et des Russes avant que les combats soient suspendus.

PLAN B OU PAS PLAN B ?

Un porte-parole du groupe Alouiat Saïf al Cham, une alliance de rebelles, a estimé que les Russes et les Syriens n'avaient pas l'intention d'observer de trêve et qu'ils tentaient maintenant de reprendre le contrôle de Daraya dans la banlieue de Damas.

"Ils veulent exploiter la trêve pour concentrer leur action sur Daraya et la reprendre", a dit Abou Ghiath al Chami. "Il s'agira de la première violation et nous ne l'accepterons pas".

Cette incertitude sur la volonté réelle du régime syrien de faire taire les armes a été exprimée par le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une audition devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie américaine a expliqué devant le Congrès que des discussions étaient en cours "en vue d'un plan B" si les négociations échouaient.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, cité par l'agence de presse Ria, a réagi à cette prise de position en affirmant qu'il n'y avait pas de "plan B" sur la Syrie et qu'il n'y en aurait pas.

Un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a ensuite affirmé que le "processus se poursuivait" en vue d'un cessez-le-feu en Syrie malgré ce qu'il a qualifié de tentatives de certains responsables américains pour le faire échouer.

Le ministère russe a ajouté que Moscou et Washington échangeaient des informations sur le projet d'arrêt des hostilités en Syrie.

La fragilité du processus a été également mis en lumière par la position de la Turquie qui a annoncé qu'elle ne serait tenue à aucune trêve si sa sécurité était menacée et qu'elle se réservait le droit de prendre les mesures nécessaires contre les milices kurdes YPG et contre l'Etat islamique.

(Tom Miles avec Tom Perry à Beyrouth; Eric Faye pour le service français)

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