L'immobilier poursuit sa course folle dans les grandes villes françaises

le
0

L'immobilier poursuit sa course folle dans les grandes villes françaises
L'immobilier poursuit sa course folle dans les grandes villes françaises

Les prix de l’immobilier ont continué à progresser le mois dernier à Paris comme en province, au risque de provoquer une nette surchauffe comme à Bordeaux, où l’inflation des prix de l’immobilier atteint 10% sur les 12 derniers mois.

Le fort dynamisme du marché de l’immobilier qui s’observe depuis quelques mois dans les grandes villes de France s’est poursuivi en mars.

Depuis le début de l’année, les prix à Paris ont progressé de 2,7% (+0,3% en mars à 8555 euros/m² en moyenne) et de 6,6% sur les 12 derniers mois selon le dernier baromètre publié cette semaine par MeilleursAgents.com. Ce baromètre est fondé sur la signature des promesses de vente.

Dans la capitale, la hausse est toujours plus forte sur le segment des petites surfaces : les studios et deux-pièces affichent ainsi des hausses de +6,8% depuis un an, +3,1% depuis le début de l’année et +0,3% en mars.

« La surchauffe guette »

« Demande soutenue et offre limitée : la hausse des prix se poursuit donc mécaniquement à Paris, en banlieue et dans la plupart des grandes villes de France avec quelques excès » observe la société MeilleursAgents.

« Il faut noter le cas particulier de Bordeaux qui avec +1,5% sur le seul mois de mars a vu ses prix augmenter de 5,9% depuis le début de l’année et de 10,0% sur les 12 derniers mois. Attention, la surchauffe guette ! L’attractivité de la ville ne se dément pas mais elle devient de moins en moins accessible » commente la même source.

 

L'immobilier poursuit sa course folle dans les grandes villes françaises
L'immobilier poursuit sa course folle dans les grandes villes françaises
Evolution des prix de l’immobilier dans les 10 principales villes de France. Source : MeilleursAgents.com.

 

Le prix du mètre carré à Bordeaux atteindrait désormais les 3331 euros en moyenne, ce qui reste inférieur aux prix moyens à Lyon (3456 euros/m²) et à Nice (3818 euros/m²).

En France, « Les prix retrouvent en moyenne les niveaux des plus hauts de 2011 » commente Sébastien de Lafond, président et co-fondateur de MeilleursAgents.

Le dynamisme de l’immobilier ne s’observe pas seulement dans les prix mais également dans les délais de vente : « Le délai moyen entre la mise en vente et la signature du compromis se réduit autour de 35 jours contre près de 70 fin 2014 ».

Des taux toujours bas et attendus en hausse

L’explication de l’actuel dynamisme du marché immobilier tient toujours à la question des taux de crédit.

« La mécanique est simple : les taux bas encouragent les ménages solvables à passer rapidement à l’action pour profiter de conditions de financement qu’ils risquent de ne pas revoir avant longtemps » commente Sébastien de Lafond.

Ce dernier poursuit : « Le marché immobilier reste conditionné par la situation des taux stabilisés à 1,75% sur 20 ans depuis près de 2 mois après une très légère hausse de +0,1% en janvier ».

De son côté, l’observatoire Crédit Logement/CSA a noté en mars une très légère remontée du taux d’intérêt moyen des crédits immobiliers, s’établissant à 1,51% le mois dernier contre 1,49% en février, toutes durées confondues.

Sébastien de Lafond note que plusieurs raisons (retour de l’inflation en Europe et hausses des taux de la Fed) peuvent permettre d’ancrer dans l’esprit de chacun une prochaine hausse des taux de crédit, mais relativise ce scénario : « La BCE va maintenir sa politique monétaire dans les prochains trimestres (…). Personne n’a intérêt à voir remonter les taux d’intérêt au risque de mettre à mal les finances des principaux pays européens ».

L’actuelle conjoncture favorable pour le marché de l’immobilier, qui se caractérise par des taux bas et une hausse de la demande due à l’anticipation d’une future hausse des taux de crédit qui en réalité ne vient pas, pourrait donc encore perdurer dans les prochains mois.

Seul problème, trop souvent oublié ou incompris : l’inflation immobilière se fait au détriment du pouvoir d’achat de tous les ménages, notamment des plus jeunes, et au prix d’une augmentation des risques de surendettement à long terme.

 

Xavier Bargue
H24 Finance
Rédacteur Finance & Marchés

Sur le même sujet, retrouvez l'analyse de Raphaël Legendre dans Ecorama, sur l'emballement des marchés immobiliers. 

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant