L'iconoclaste Macron froidement accueilli par les députés PS

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L'ICONOCLASTE MACRON FROIDEMENT ACCUEILLI PAR LES DÉPUTÉS PS
L'ICONOCLASTE MACRON FROIDEMENT ACCUEILLI PAR LES DÉPUTÉS PS

PARIS (Reuters) - Les députés socialistes réunis à huis clos ont réservé mardi un accueil glacial à Emmanuel Macron, coupable selon plusieurs participants de brouiller le message gouvernemental par ses déclarations sur le statut des fonctionnaires ou les 35 heures.

Le ministre de l'Economie, qui avait présenté la loi sur la croissance vivement dénoncée par la "gauche de la gauche", a provoqué des remous vendredi dernier en critiquant le statut des fonctionnaires, jugeant qu'il n'était "plus adéquat".

Il avait déjà défrayé la chronique en critiquant fin août les 35 heures, quelques jours avant l'université d'été du PS.

Emmanuel Macron est intervenu mardi matin devant les députés socialistes réunis en séminaire de rentrée pour expliquer les objectifs de sa politique. "Il a reçu quelques timides applaudissements", a rapporté un député présent.

Cet élu pourtant "légitimiste" a exprimé sa colère.

"Nous n'avons pas besoin des exocets de M. Macron", a-t-il dit à l'issue de la réunion, estimant que les propos du ministre sur les fonctionnaires sont la cause de la défaite de la gauche dimanche dernier lors de l'élection municipale partielle de Noisy-le-Grand, en banlieue parisienne, un fief socialiste.

Les "frondeurs" pour leur part ne sont guère intervenus, jugeant que la réunion était "cadenassée" d'avance, a expliqué Laurent Baumel, l'un de leur chefs de file.

"Macron nous a fait de la philosophie politique sociale libérale" a-t-il dit avant de dénoncer une nouvelle fois la politique actuelle du gouvernement.

Quelques rares députés sont intervenus pour critiquer la politique économique et sociale du gouvernement, comme Yann Galut, qui anime les courants de la gauche du PS.

"J'ai beaucoup de mal à expliquer à mes électeurs cette politique qui n'est pas celle sur laquelle nous avons été élus en 2012", a-t-il dit lors de la réunion.

C'est le Premier ministre qui lui a répondu d'une façon assez sèche, ont rapporté plusieurs de ses collègues.

A l'issue de la réunion, Yann Galut a enfoncé le clou. "Ces propos sont irresponsables. Il faut qu'il se taise sur les dossiers qui ne sont pas de son ressort", a-t-il déclaré.

L'entourage d'Emmanuel Macron a minimisé la froideur de l'accueil. "C'était un débat très studieux, très sérieux. Le ministre a expliqué les grandes lignes de la politique gouvernementale, une politique destinée à dégager davantage de croissance", a-t-on expliqué en substance.

Manuel Valls a confirmé une nouvelle fois son soutien à son ministre et son attachement au statut des fonctionnaires lors du séminaire de rentrée du PS.

"Les ministres doivent pleinement se consacrer à leur tâche et ne pas provoquer de débats inutiles", avait-il déclaré lundi lors d'un point de presse tenu à l'issue d'une première réunion à huis clos des députés PS.

(Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • rodde12 le mardi 22 sept 2015 à 15:37

    Je voterai pour qui que ce soit qui proposera de supprimer l'assemblée nationale et ne conserver que le seul sénat réduit à un sénateur par département. Le système actuel hérité de la royauté et des jacobins dilue nos voix et fait ce qui lui chante. Vivement une démocratie à la Suisse.

  • a.lauver le mardi 22 sept 2015 à 14:37

    C'te dogme le statut de fonctionnaire, le machin date de l'après guerre et 50 ans plus tard on ne peut même pas évoquer l'idée ou même en débattre pour savoir si une évolution n'est pas justifié comme chez nos voisins. C'est pays est irréformable

  • M7403983 le mardi 22 sept 2015 à 14:28

    Je pense que cela doit lui faire plaisir, et c'est très bien ainsi. Qu'il garde son cap qui n'est pas si mauvais que cela ...