L'homme le plus riche d'Asie ne croit plus à la Chine

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La première fortune du continent liquide ses actifs en Chine. Pékin s'insurge d'un comportement qui est surtout un signe que la situation économique du pays s'annonce sombre.

Nouveau signal très inquiétant pour l'économie chinoise: Li Ka-shing, homme d'affaires hongkongais (mais né en Chine) et première fortune asiatique s'est lancé depuis plusieurs mois dans une liquidation de ses actifs en Chine continentale. Parmi ses plus grosses cessions, l'homme de 87 ans s'est séparé en 2014 du centre commercial Pacific Century Place de Pékin, comprenant aussi des bureaux, pour 928 millions de dollars. Le milliardaire s'est aussi délesté d'un autre centre commercial à Chongqing la même année pour la coquette somme de 638 millions d'euros, et d'autres centres commerciaux ou centres d'affaires à Guangzhou ou Nankin. Pire encore, en août dernier, alors que la Bourse chinoise commençait à donner de sérieux signes de fatigue, le magnat de Hong Kong a vendu un complexe de deux tours jumelles à Shanghai, pour 20 milliards de yuans (soit 3,14 milliards de dollars). Leur construction n'était même pas achevée... C'est donc sur l'ensemble des lieux emblématiques du «miracle économique chinois» que l'homme cherche à se retirer précipitamment.

Li Ka-shing, plus grosse fortune du continent asiatique, mais seulement dix-septième au niveau mondial, est à la tête d'un patrimoine estimé à 24,8 milliards de dollars selon le classement Forbes, il a principalement fait fortune dans l'immobilier, les infrastructures portuaires, et les investissements dans les nouvelles technologies (il est l'un des actionnaires de Facebook), sans négliger la santé ou le luxe (il possède depuis 2005 le parfumeur français Marionnaud).

Son désintérêt pour l'économie chinoise est plutôt un mauvais signal pour Pekin. Surnommé «Superman» à Hong Kong pour son sens aigu des affaires et son flair, il avait ainsi revendu en 1999 à l'allemand Mannesmann les 44,8% du capital d'Orange qu'il possédait, pour la somme de 14 milliards de dollars, juste avant que l'action ne s'effondre dans la foulée…

Un «ingrat» selon Pékin

La frénésie de ventes de Li Ka-shing peut donc faire craindre le pire pour l'économie chinoise. D'autant que si le patriarche-ses deux fils travaillent à ses côtés-laisse filer des actifs, ce n'est pas parce que l'octogénaire souhaite se retirer des affaires. Il continue d'ailleurs de faire des acquisitions colossales. Dernier exemple en date: le rachat en mars dernier du géant britannique des télécoms O2, acquis auprès de l'espagnol Telefonica pour la somme de 15,2 milliards de dollars. La plus grosse de ses acquisitions récentes certes, mais pas la seule, puisque l'homme avait auparavant racheté Eversholt Rail, la troisième compagnie ferroviaire britannique (2,5 milliards de livres, soit 3,4 milliards d'euros), ainsi que la chaîne de pharmacies néerlandaises Dirx Drugstore. Des acquisitions multiples sur le Vieux Continent d'un côté, des ventes d'actifs en Chine de l'autre, le signal est clair: pour Li Ka-shing le curseur des perspectives économiques s'est déplacé à l'ouest.

Signe d'inquiétude majeur des autorités chinoises qui ne trompe pas: avec ces ventes massives, Li Ka-shing est la cible d'une campagne de dénigrement dans la presse chinoise sous contrôle des instances du Parti communiste chinois. Le journal Le Quotidien du Peuple, organe officiel du PCC, a ainsi souligné «l'ingratitude» de Li Ka-shing, lançant à son encontre que «les capitaux n'ont pas de frontières, mais les hommes d'affaires ont une patrie». La propagande chinoise juge en effet que le hongkongais ne se montre guère reconnaissant envers la Chine qui a contribué à sa fortune, le magnat ayant en effet beaucoup investi au début des années 1990, avant la hausse des prix de l'immobilier consécutive au développement rapide de l'économie chinoise.

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