L'Expo universelle de 2025, remède à la crise?

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LA FRANCE OFFICIALISE SA CANDIDATURE À L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 2025
LA FRANCE OFFICIALISE SA CANDIDATURE À L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 2025

PARIS (Reuters) - La France a officialisé jeudi sa candidature à l'Exposition universelle de 2025, un projet colossal de 3 milliards d'euros censé réconcilier un pays en crise avec lui-même et le monde, comme "une démarche de santé pour la société et l'économie".

Lancé en 2011 par le député-maire UDI de Neuilly (Hauts-de-Seine), Jean-Christophe Fromantin, entériné par François Hollande en novembre 2014, "ExpoFrance 2025" entend renouer avec l'esprit novateur des expositions du XIXe, durant lequel Paris accueillit cinq Expositions universelles, de 1855 à 1900.

La Tour Eiffel, le Grand Palais, la première ligne de métro parisienne restent les grands témoins de ces événements.

Tournée vers le numérique, "ExpoFrance 2025" se veut "un événement festif qui raconte les progrès technologiques", "une démarche de santé pour la société et l'économie", selon les termes du mathématicien Cédric Villani, porte-parole du projet, et un défi entrepreneurial, avec un budget prévisionnel bénéficiaire associant parmi les plus grands groupes français.

LVMH, qui accueillait dans sa fondation les représentants de plus de 70 pays, Safran, Bouygues, Suez Environnement, Renault, Carrefour, Air France, notamment, ont répondu présent.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron est venu exprimer son soutien à une candidature "pour gagner", "une opportunité de retrouver notre fierté", dont il a salué le plan d'affaires.

EMPRUNT DE 500 MILLIONS D'EUROS

L'économiste Christian de Boissieu, vice-président du projet, a assuré qu'il était "financièrement crédible avant même qu'on entre dans le dur" et qu'il épargnerait la manne publique.

"Ce n'est pas l'Exposition universelle qui va régler tous les problèmes économiques et sociaux de la France", a-t-il dit en évoquant le combat contre les déficits publics, mais "la France a besoin aujourd'hui d'un projet de long terme, alors même qu'on a la tête dans le guidon, qui nous aide à retrouver confiance en nous-mêmes et peut-être dans les autres".

Le projet table sur 3,1 milliards d'euros de recettes, avec une hypothèse de 80 millions de visiteurs, et un budget d'organisation et de fonctionnement de 2,9 milliards, soit un bénéfice estimé de 200 millions d'euros.

"Il y aura juste besoin d'un emprunt pour faire la soudure", a expliqué Christian de Boissieu. Un emprunt obligataire de 500 millions d'euros garanti par l'Etat sur le modèle de la souscription lancée pour l'Exposition de 1889.

Le dossier de candidature, auquel 400 étudiants de 12 grandes écoles et universités ont apporté leurs contributions, sera déposé en 2016 auprès du Bureau international des expositions, qui rendra son verdict en 2018.

Le projet, qui s'articulerait autour d'une "start-up planétaire" avec Paris pour coeur névralgique, a pour thème l'hospitalité et la réconciliation. Son slogan : "Au coeur des territoires s'ouvre celui des hommes".

"Il permettra de nous retrouver par delà les divisions partisanes dans un pays où les grandes réformes ne parviennent pas à du convergent, du consensuel", a estimé Christian de Boissieu, alors que les promoteurs politiques du projet (l'UMP Bruno Retailleau, les PS Bruno Le Roux et Luc Carvounas...) tentaient de raviver "L'esprit du 11 janvier".

VILLAGE NUMÉRIQUE

Un village numérique, pour lequel les organisateurs cherchent 200.000 m2 au sein du Grand Paris, verrait le jour. Mais sa carte et ses contours restent flous.

Douze espaces thématiques, sur des sites existants ou à créer, compléteraient le dispositif sur le mode des Pavillons de 1889: "L'Agora des arts vivants, "La Galerie des paysages", "Le Quartier oxygène", "Le Grand restaurant du monde", etc.

Les monuments parisiens pourraient être revisités par des pays étrangers (le Louvre au Brésil, la tour Eiffel à la Chine...) avec pour fil conducteur les nouvelles technologies.

Des expositions, des spectacles seraient présentés dans les gares et autres lieux du "Grand Paris Express". Ainsi Rungis pourrait-elle accueillir le plus grand restaurant du monde.

Dans cet espace rêvé où les interconnexions symboliseraient l'ouverture, les grandes métropoles comme Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse ou Rennes, ne seraient pas oubliées. Un appel à projets sera lancé d'ici à quelques semaines.

Les promoteurs du projet soulignent qu'il n'est en rien concurrent de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024. "Il y a une ambition au carré à avoir", a dit Emmanuel Macron.

(Sophie Lou

PARIS (Reuters) - La France a officialisé jeudi sa candidature à l'Exposition universelle de 2025, un projet colossal de 3 milliards d'euros censé réconcilier un pays en crise avec lui-même et le monde, comme "une démarche de santé pour la société et l'économie".

Lancé en 2011 par le député-maire UDI de Neuilly (Hauts-de-Seine), Jean-Christophe Fromantin, entériné par François Hollande en novembre 2014, "ExpoFrance 2025" entend renouer avec l'esprit novateur des expositions du XIXe, durant lequel Paris accueillit cinq Expositions universelles, de 1855 à 1900.

La Tour Eiffel, le Grand Palais, la première ligne de métro parisienne restent les grands témoins de ces événements.

Tournée vers le numérique, "ExpoFrance 2025" se veut "un événement festif qui raconte les progrès technologiques", "une démarche de santé pour la société et l'économie", selon les termes du mathématicien Cédric Villani, porte-parole du projet, et un défi entrepreneurial, avec un budget prévisionnel bénéficiaire associant parmi les plus grands groupes français.

LVMH, qui accueillait dans sa fondation les représentants de plus de 70 pays, Safran, Bouygues, Suez Environnement, Renault, Carrefour, Air France, notamment, ont répondu présent.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron est venu exprimer son soutien à une candidature "pour gagner", "une opportunité de retrouver notre fierté", dont il a salué le plan d'affaires.

EMPRUNT DE 500 MILLIONS D'EUROS

L'économiste Christian de Boissieu, vice-président du projet, a assuré qu'il était "financièrement crédible avant même qu'on entre dans le dur" et qu'il épargnerait la manne publique.

"Ce n'est pas l'Exposition universelle qui va régler tous les problèmes économiques et sociaux de la France", a-t-il dit en évoquant le combat contre les déficits publics, mais "la France a besoin aujourd'hui d'un projet de long terme, alors même qu'on a la tête dans le guidon, qui nous aide à retrouver confiance en nous-mêmes et peut-être dans les autres".

Le projet table sur 3,1 milliards d'euros de recettes, avec une hypothèse de 80 millions de visiteurs, et un budget d'organisation et de fonctionnement de 2,9 milliards, soit un bénéfice estimé de 200 millions d'euros.

"Il y aura juste besoin d'un emprunt pour faire la soudure", a expliqué Christian de Boissieu. Un emprunt obligataire de 500 millions d'euros garanti par l'Etat sur le modèle de la souscription lancée pour l'Exposition de 1889.

Le dossier de candidature, auquel 400 étudiants de 12 grandes écoles et universités ont apporté leurs contributions, sera déposé en 2016 auprès du Bureau international des expositions, qui rendra son verdict en 2018.

Le projet, qui s'articulerait autour d'une "start-up planétaire" avec Paris pour coeur névralgique, a pour thème l'hospitalité et la réconciliation. Son slogan : "Au coeur des territoires s'ouvre celui des hommes".

"Il permettra de nous retrouver par delà les divisions partisanes dans un pays où les grandes réformes ne parviennent pas à du convergent, du consensuel", a estimé Christian de Boissieu, alors que les promoteurs politiques du projet (l'UMP Bruno Retailleau, les PS Bruno Le Roux et Luc Carvounas...) tentaient de raviver "L'esprit du 11 janvier".

VILLAGE NUMÉRIQUE

Un village numérique, pour lequel les organisateurs cherchent 200.000 m2 au sein du Grand Paris, verrait le jour. Mais sa carte et ses contours restent flous.

Douze espaces thématiques, sur des sites existants ou à créer, compléteraient le dispositif sur le mode des Pavillons de 1889: "L'Agora des arts vivants, "La Galerie des paysages", "Le Quartier oxygène", "Le Grand restaurant du monde", etc.

Les monuments parisiens pourraient être revisités par des pays étrangers (le Louvre au Brésil, la tour Eiffel à la Chine...) avec pour fil conducteur les nouvelles technologies.

Des expositions, des spectacles seraient présentés dans les gares et autres lieux du "Grand Paris Express". Ainsi Rungis pourrait-elle accueillir le plus grand restaurant du monde.

Dans cet espace rêvé où les interconnexions symboliseraient l'ouverture, les grandes métropoles comme Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse ou Rennes, ne seraient pas oubliées. Un appel à projets sera lancé d'ici à quelques semaines.

Les promoteurs du projet soulignent qu'il n'est en rien concurrent de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024. "Il y a une ambition au carré à avoir", a dit Emmanuel Macron.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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