L'ex-"super flic" Neyret condamné à 30 mois de prison ferme

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TRENTE MOIS DE PRISON FERME POUR MICHEL NEYRET
TRENTE MOIS DE PRISON FERME POUR MICHEL NEYRET

PARIS (Reuters) - L'ancienne star de la police lyonnaise Michel Neyret a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Paris à 30 mois de prison ferme pour corruption.

Le parquet avait requis une peine de quatre années de prison, dont 18 mois avec sursis.

Michel Neyret a annoncé qu'il ne ferait pas appel.

"Quel que soit le jugement, je n'aurais pas fait appel de toute façon, a-t-il dit à la presse.

L'ancien policier a déjà effectué huit mois de détention provisoire, ce qui devrait lui permettre de bénéficier d'un aménagement de peine et de ne pas retourner derrière les barreaux.

"C'est la fin d'une dure épreuve", a dit l'ancien numéro 2 de la PJ lyonnaise, âgé de 60 ans, qui risquait jusqu'à dix ans de prison.

L'affaire avait créé un traumatisme au sein de la police, relançant notamment le débat sur la gestion des indicateurs.

Michel Neyret était accusé d'avoir franchi la frontière qui sépare "flics et voyous" en acceptant de luxueux cadeaux de membres du milieu en échange de services totalement illégaux, et d'avoir détourné plusieurs kilos de résine de cannabis afin de rémunérer des informateurs.

"Comment un fonctionnaire exceptionnel en est-il arrivé à accepter d'être corrompu ? C'est une atteinte majeure à l'ordre public. Ça mérite une condamnation importante", avait dit à l'audience Annabelle Philippe, l'une des représentantes du ministère public.

"Est-on un grand flic quand on demande à ses subordonnés de commettre des infractions, quand on met le monde judiciaire à l'écart, quand on est le seul à définir les règles?", avait-elle ajouté.

L'épouse de Michel Neyret, Nicole, jugée à ses côtés, a été condamnée à huit mois de prison avec sursis et un capitaine de police à trois mois avec sursis.

Les corrupteurs présumés de l'ancien commissaire, actuellement en fuite, ont été condamnés à cinq et deux ans de prison ferme.

Patron de la brigade antigang de Lyon pendant vingt ans, Michel Neyret avait accumulé les succès dans ses enquêtes et fait tomber nombre de délinquants de haut vol avant d'être arrêté par l'IGS, la police des polices, en 2011.

Il a reconnu à l'audience s'être "laissé manipuler" par ses indicateurs mais a nié avoir été rétribué en retour. "Je pensais maîtriser une situation qui m'a échappé, je n'ai pas fait preuve de la prudence nécessaire", a-t-il dit.

L'ex-numéro 2 de la PJ lyonnaise a également assumé sa stratégie consistant à récupérer une partie de la drogue issue de saisies pour payer des "indics" permettant de démanteler les réseaux, en dehors de tout cadre légal.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • lorant21 il y a 5 mois

    appel puis 1 an et demi.