L'évacuation de la "jungle" de Calais se poursuit dans le calme

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POURSUITE DE L'ÉVACUATION DE LA "JUNGLE" DE CALAIS
POURSUITE DE L'ÉVACUATION DE LA "JUNGLE" DE CALAIS

CALAIS, Pas-de-Calais (Reuters) - L'évacuation de la "jungle" de Calais se poursuivait dans le calme mardi matin, après l'évacuation la veille de plus d'un tiers des quelque 6.000 migrants présents sur les lieux.

Pour éviter les tensions, la destruction des abris de fortune par des bulldozers attendra, a précisé un porte-parole du ministère de l'Intérieur, le déblaiement devant dans un premier temps s'effectuer à pied.

"Les gens viennent à nouveau d'eux-mêmes ce matin, cela fonctionne", a dit un responsable de la préfecture du Pas-de-Calais. "Les travaux vont commencer dans la 'jungle' aujourd'hui mais il s'agira de ramasser des déchets dans un premier temps."

"Les maraudes se poursuivent pour convaincre les migrants de rejoindre le hangar pour le départ", a-t-il ajouté.

"On sait que la 'jungle', c'est fini", a déclaré Aarash, un Afghan âgé de 21 ans en se dirigeant vers le hangar à partir duquel les migrants sont orientés.

"On va voir si on peut prendre un bus aujourd'hui mais on veut aller dans une bonne ville, par exemple près de Paris. Si on ne peut pas, on retournera dans la 'jungle'."

Certains travailleurs humanitaires craignent que de nombreux migrants, déterminés à rejoindre la Grande-Bretagne ou déçus par le processus retournent à l'avenir à Calais.

Lundi, 2.318 migrants ont été "mis à l'abri", selon le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, dont 1.918 majeurs qui ont rejoint 80 centres d'accueil et d'orientation (CAO) situés dans onze régions françaises.

Quatre cents mineurs avaient été orientés au centre d'accueil provisoire, situé sur le campement, dans l'attente de l'instruction de leur dossier, avait-il précisé.

Le sort des 1.300 mineurs isolés du bidonville est toujours incertain mais les négociations avec les autorités britanniques "progressent", assurait-on lundi au ministère de l'Intérieur.

Bernard Cazeneuve avait assuré que "le Royaume-Uni accueillera tous les mineurs isolés présents à Calais dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont établies".

Au total, 7.500 places ont été réservées dans les 450 CAO français pour les migrants.

(Matthias Blamont, avec Pierre Savary à Lille, édité par Jean-Baptiste Vey)

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