L'Etat se désengage de la plupart des trains de nuit

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L'ÉTAT SE DÉSENGAGE DE LA PLUPART DES TRAINS DE NUIT
L'ÉTAT SE DÉSENGAGE DE LA PLUPART DES TRAINS DE NUIT

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a décidé de se retirer de six des huit lignes de train de nuit existantes en France, qui disparaîtraient le 1er juillet, mais n'exclut pas une ouverture à la concurrence, a annoncé vendredi le secrétaire d'Etat aux transports.

Parallèlement, l'Etat lancera un appel d'offres pour renouveler les trains Intercités (TET) sur les lignes jugées "structurantes", pour un montant de 1,5 milliard d'euros, a précisé Alain Vidalies.

Il commandera dans le même temps 30 rames supplémentaires à Alstom, a ajouté le secrétaire d'Etat lors d'un point sur l'avenir des trains Intercités.

Depuis 2011, la fréquentation des trains Intercités a baissé de 20% et le déficit devrait dépasser 400 millions d’euros cette année. Il existe 22 lignes TET de jour et huit lignes TET de nuit.

L'offre de nuit représente 25% de déficit alors qu'elle ne transporte que 3% des passagers, et sa fréquentation a baissé de 25% depuis 2011, fait valoir le gouvernement.

"Chaque billet vendu nécessite plus de 100 euros de subventionnement public en moyenne", a expliqué Alain Vidalies.

En l'absence d'offre alternative, les lignes de nuit Paris-Briançon, et Paris-Rodez/Latour de Carol seront maintenues.

Mais toutes les autres lignes de nuit pourront être concédées au privé.

A cette fin, le gouvernement lance un "appel à manifestation d'intérêt" pour permettre à d'éventuels opérateurs ferroviaires de proposer de "nouveaux schémas d'exploitation innovants", a dit Alain Vidalies. Les résultats de cet appel et les décisions prises en conséquence seront annoncés le 1er juillet.

L'Association des régions de France (ARF) déplore le choix du gouvernement de supprimer la majorité des trains de nuit, jugeant que les appels à manifestation d'intérêt "ne constituent pas une garantie suffisante pour la pérennité de ces services". En revanche, l'ARF salue dans un communiqué "les pistes avancées pour le renouvellement des TET", qui rejoignent certaines de ses propositions.

La CGT appelle pour sa part les usagers et les cheminots à combattre des choix "contraires à l'intérêt général".

"Comment peut-on dire que les trains de nuit ne répondent plus aux attentes des voyageurs, quand le gouvernement laisse la SNCF volontairement dégrader la qualité et la régularité de ces circulations", demande-t-elle dans un communiqué.

Pour le syndicat, ces annonces servent en fait "à préparer la libéralisation du transport ferroviaire".

(Gérard Bon, édité par Sophie Louet)

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