L'Etat islamique annonce l'exécution du Japonais Kenji Goto

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L'EI ANNONCE L'EXECUTION DU JAPONAIS KENJI GOTO
L'EI ANNONCE L'EXECUTION DU JAPONAIS KENJI GOTO

par Kiyoshi Takenaka et Nobuhiro Kubo

BEYROUTH/TOKYO (Reuters) - L'Etat islamique a annoncé samedi avoir décapité un second otage japonais, le journaliste Kenji Goto, le Premier ministre Shinzo Abe annonçant peu après son intention d'augmenter l'aide humanitaire aux opposants de l'EI.

Le groupe sunnite fondamentaliste, qui contrôle des zones importantes en Syrie et en Irak, a diffusé une vidéo qui montre ce qui semble être le corps décapité du journaliste et menace de s'attaquer à d'autres cibles japonaises.

"Je ressens une forte indignation face à cet acte de terrorisme inhumain et méprisable", a déclaré le Premier ministre peu après lors d'une réunion d'urgence du gouvernement dimanche matin.

Cette nouvelle décapitation a également été condamnée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni.

L'EI avait indiqué que Kenji Goto, 47 ans, était détenu avec un pilote jordanien, Mouath al Kassaesbeh. Il avait été capturé en décembre après le crash de son avion dans le nord-est de la Syrie lors d'une frappe de la coalition internationale contre l'EI.

Dans un message audio diffusé cette semaine et attribué à Kenji Goto, l'otage japonais déclarait que le pilote jordanien serait exécuté si Amman ne libérait pas Sadjida al Richaoui, une Irakienne emprisonnée pour son rôle dans l'attentat suicide qui fit 60 morts en 2005 dans la capitale jordanienne.

La vidéo de samedi ne mentionne pas le sort de ce dernier.

Le document montre un homme cagoulé debout derrière Kenji Goto avec un poignard plaqué sur son cou, suivi d'images d'un corps avec une tête posée dessus. La vidéo semble authentique, a indiqué le ministre japonais de la Défense Gen Nakatani.

Kenji Goto, un correspondant de guerre chevronné âgé de 47 ans, avait été capturé en octobre dernier en Syrie où il s'était rendu pour tenter d'obtenir la libération d'un autre captif japonais, Haruna Yukawa, 42 ans, dont l'EI a annoncé l'exécution il y a exactement une semaine.

"Je ne pardonnerai jamais à ces terroristes", a déclaré Shinzo Abe. "Le Japon oeuvrera avec la communauté internationale pour traduire les responsables de ces crimes devant la justice."

Barack Obama a condamné un meurtre "odieux" tandis que François Hollande parlait d'un meurtre "brutal". Les présidents français et américain ont indiqué qu'ils continueraient à travailler à l'éradication de l'EI.

MÊME ACCENT ANGLAIS

L'organisation a menacé de tuer ses otages japonais quand Shinzo Abe a annoncé, le 17 janvier dernier, le versement de 200 millions de dollars (180 millions d'euros) d'assistance non militaire aux pays luttant contre le groupe djihadiste.

Shinzo Abe a annoncé dimanche qu'il allait accroître l'aide du Japon au Proche-Orient dans les domaines alimentaire et médical, notamment.

S'adressant à Shinzo Abe, l'homme cagoulé de la vidéo déclare: "En raison de votre décision imprudente de prendre part à une guerre impossible à gagner, ce couteau ne tuera pas seulement Kenji, mais il continuera et poursuivra son carnage où que soient vos ressortissants. Que le cauchemar du Japon commence."

L'homme cagoulé a le même accent anglais que le bourreau apparu sur d'autres vidéos de décapitation d'otages l'an dernier. Kenji Goto porte une combinaison orange comme les prisonniers de l'EI dans les vidéos précédentes.

Le paysage figurant sur la vidéo, une colline et des terres couvertes de broussailles, diffère du paysage désertique qui apparaissait dans les précédentes vidéos de revendication de l'Etat islamique.

La classe politique japonaise dans son ensemble a exprimé sa colère, mais le principal parti d'opposition, le Parti démocrate (PDJ), s'est interrogé sur la stratégie du gouvernement.

"Nous ne devons pas donner l'impression de céder au terrorisme", a déclaré Yukio Edano, le secrétaire général du PDJ, lors d'une émission sur la chaîne de télévision NHK.

"Mais, en même temps, mettant de côté nos intentions subjectives, il n'y a pas de raison de provoquer et d'envoyer un message qui puisse être interprété à tort comme donnant un prétexte à l'autre partie", a-t-il ajouté.

Kenji Goto était correspondant de guerre. Il travaillait notamment pour la chaîne de télévision NHK.

Il avait trois enfants dont le dernier était né en octobre, ont indiqué ses proches.

"Quoiqu'il arrive, c'est ma responsabilité, avait déclaré Kenji Goto dans une vidéo enregistrée juste avant qu'il ne parte pour Rakka en Syrie. Ce furent ses dernières images avant la diffusion, le 20 janvier par l'EI, d'une vidéo semblant montrer les deux Japonais et menaçant de les tuer s'il ne recevait pas une rançon de 200 millions de dollars.

(Avec Sylvia Westall, Hitoshi Ishida et Yuya Shino; Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français)

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  • alain..c le dimanche 1 fév 2015 à 11:25

    La seule réponse qui vaille, quelques mégatonnes sur leurs têtes