L'État envisage de privatiser le marché de Rungis

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INFO LE FIGARO - Les pouvoirs publics étudient la possiblité de céder leurs 33 % dans la Semmaris.

Le gouvernement veut-il privatiser le ventre de Paris? L'État va-t-il vendre sa participation (33,34 %) dans la Semmaris qui possède et exploite le marché de Rungis? Selon nos informations, en septembre, les pouvoirs publics ont demandé à cinq banques conseil de plancher sur le sujet. D'évaluer combien vaut cette participation de l'État dans la plus grande halle du monde pour les produits frais qui occupe 232 hectares. D'identifier quels groupes pourraient se porter acquéreur de ces 33 %.

Les pouvoirs publics envisagent de sortir du capital de la Semmaris pour financer des projets prioritaires du gouvernement. Mi-septembre, François Hollande avait été très clair à ce sujet. «L'État, expliquait-il, va utiliser le produit des cessions dont il est actionnaire pour investir un milliard dans la construction de logements intermédiaires.» Dans cet ordre d'idées, la privatisation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac qui pourrait faire rentrer dans les caisses de l'État plus de 150 millions d'euros est en cours. Et la vente par l'État d'un bloc de 20 % dans La Française des jeux qui rapporterait de 300 à 400 millions demeure une hypothèse plausible.

Le désengagement de l'État dans la Semmaris rapporterait beaucoup moins. Car si le marché de Rungis est connu de tous, si plus de 1,5 million de tonnes de produits frais est vendue chaque année dans ce lieu mythique incontournable pour les restaurateurs, ce n'est qu'une PME très rentable, pas un grand groupe. En 2013, la Semmaris a dégagé un résultat net de 13 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 97 millions. Rien à voir avec les ventes de la FDJ qui ont dépassé les 12 milliards d'euros l'année dernière. Fin 2007, l'État qui avait déjà vendu à la foncière Altarea-Cogedim un premier bloc d'actions (près de 33 %) de la Semmaris avait encaissé 45 millions d'euros.

Pas d'unanimité

Une chose est sûre: les candidats potentiels au rachat ne manqueront pas. En 2007, si Altarea l'avait emporté, Unibail-Rodamco et la CDC étaient sur les rangs. Car les possibilités de développement sont immenses sur ce territoire: pour l'instant, les entrepôts sont construits sur un seul niveau. Ajouter des étages supplémentaires ou construire de nouveaux bâtiments rapporterait gros aux actionnaires. D'ailleurs, Altarea n'a jamais caché qu'il souhaiterait se renforcer dans le capital de la Semmaris. Qu'il voudrait élargir l'activité de Rungis en dehors de l'agro-alimentaire.

Mais ce projet de privatisation ne fera pas plaisir à tout le monde. À chaque fois que cette rumeur a circulé, les professionnels des fruits, des légumes et des volailles qui détiennent près de 10 % du marché de Rungis ont protesté. Tout comme le conseil général du Val-de-Marne qui détient plus de 5 %. Ils craignent que la mission de service public ne soit pas assumée convenablement par un opérateur privé. On ne privatise pas facilement un symbole du patrimoine français.

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