L'état d'urgence doit rester exceptionnel, dit Bernard Cazeneuve

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L'ÉTAT D'URGENCE DOIT RESTER EXCEPTIONNEL, DIT BERNARD CAZENEUVE
L'ÉTAT D'URGENCE DOIT RESTER EXCEPTIONNEL, DIT BERNARD CAZENEUVE

PARIS (Reuters) - L'état d'urgence en vigueur depuis les attaques du 13 novembre est toujours nécessaire mais doit demeurer exceptionnel, a déclaré le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Vendredi, le Premier ministre, Manuel Valls, a provoqué l'étonnement en laissant entendre que ce régime pourrait être maintenu jusqu'à la défaite de l'organisation Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attentats parisiens.

Mais, selon Bernard Cazeneuve, ses propos ont été mal compris.

"Ce qu'a dit Manuel Valls, c'est qu'aussi longtemps que la menace terroriste serait là, nous utiliserions tous les moyens qui sont ceux que nous donne le droit pour le combattre", a-t-il dit lors d'une interview accordée à France 5 dimanche.

"L'état d'urgence est un outil parmi d'autres", a ajouté le ministre. Il doit "demeurer exceptionnel. Et ce n'est pas parce que nous le prolongeons qu'il a vocation à se prolonger pour l'éternité."

Déclaré dans la nuit suivant les attaques de Paris et Saint-Denis, il doit en théorie prendre fin le 26 février à minuit. L'Elysée a annoncé vendredi son intention de le proroger pour une durée de trois mois. Le gouvernement présentera au conseil des ministres du 3 février un projet de loi en ce sens, qui sera ensuite soumis aux parlementaires.

"Aussi longtemps qu'il y a un péril imminent, nous avons besoin de l'état d'urgence. Je vous rappelle que, parmi ceux qui nous ont frappé le 13 novembre, tous les terroristes n'ont pas été récupérés", a insisté Bernard Cazeneuve.

A la suite de l'annonce par la présidence de faire voter la prorogation de l'état d'urgence, des réticences se sont exprimées, notamment dans les rangs des écologistes, de l'extrême gauche et de certaines associations, qui jugent ce régime liberticide.

Le Conseil national des barreaux (CNB) a exhorté samedi le gouvernement à renoncer à cette idée. La Ligue des droits de l'homme (LDH) a par ailleurs saisi la semaine dernière le Conseil d'Etat, qui devrait examiner sa demande mardi.

Dans un entretien à la BBC diffusé vendredi, Manuel Valls a jugé que l'état d'urgence serait maintenu "le temps qu'il faudra(it)" et "jusqu'à ce que l'on puisse, évidemment, en finir avec Daech".

(Simon Carraud, édité par Pierre Sérisier)

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