L'émouvant château où Joséphine Baker avait choisi d'élever ses enfants

le
0

COUP DE COEUR - Chaque semaine, Carole Papazian vous entraîne dans un lieu hors normes. Après le musée Rodin, la semaine dernière, découvrez le château des Milandes où la chanteuse américaine avait installé les douze enfants qu’elle avait adoptés.

Au coeur du sud-ouest, dans le Périgord. C’est là qu’à la fin des années 1940, Joséphine Baker, chanteuse américaine, arrivée en France une dizaine d’années plus tôt avec La Revue nègre, posa ses valises. Au château des Milandes, précisément. Propriété aujourd’hui de Henry et Claude de Labarre, le château construit en 1489 est ouvert au public et accueille quelque 100.000 visiteurs par an.

Le couple a investi 2,5 millions en une quinzaine d’années pour restaurer les lieux. C’est leur fille Angélique qui se charge, avec passion, de faire vivre l’entreprise, car tous les propriétaires de châteaux le savent, trouver des fonds pour restaurer le bâti et entretenir le domaine ne va pas de soi.

Spectacles de rapaces, reconstitution de l’histoire de Joséphine, costumes de scène, poignants enregistrements expliquant les difficultés financières de celle qui finit par être expulsée du château, salle de la Résistance (avec une magnifique charpente XVe en coque renversée mise à jour en 2008 lors de la rénovation), où les visiteurs apprennent que la chanteuse fut aussi une résistante, donnent envie d’en savoir plus sur l’interprète de J’ai deux amours. De voir plus loin que l’image de celle qui dansait si bien avec sa fausse ceinture de bananes. Car, au fond, de Joséphine Baker, beaucoup n’ont gardé que cette image sepia.

Bien avant Angelina Jolie, Joséphine Baker fut une artiste engagée avec une famille king size. C’est dans ce château qu’elle installa sa tribu arc-en-ciel, douze enfants adoptés dans différentes parties du monde, Akio, Coréen ; Janot, Japonais ; Jari, Finlandais ; Luis, Colombien ; Marianne et Brahim d’Afrique du Nord, Moïse, Français; Jean-Claude et Noël Français, Koffi de Côte d’Ivoire, Mara, Vénézuélien et Stellina Marocaine.Un choc à l’époque dans le monde rural environnant.

C’est là aussi qu’elle conçut le premier parc d’attraction et une ferme modèle. Un conte de fée qui finit mal. Ruinée, elle ne put finalement rester dans le château de ses rêves , et c’est la princesse Grâce de Monaco qui l’hébergea finalement, elle et sa grande famille, à Roquebrune.

L’année prochaine, pour les cent dix ans de Joséphine (née en 1906), Angélique de Labarre voudrait ramener les projecteurs sur le château, et éclairer du même coup une artiste quelque peu oubliée.

Des cars de touristes américains font déjà régulièrement escale au château. En en croisant un, on ne résiste pas à la tentation d’interroger les visiteurs venus de si loin. Que représente pour eux cet endroit?«Fabulous. Pour moi, qui suis une femme et une Afro-Américaine, c’est important de faire vivre la mémoire d’une personnalité comme Joséphine Baker», explique, enthousiaste, une touriste du Maryland. La personnalité de la chanteuse, sa joie de vivre, son courage, mais aussi un peu de ses doutes, de ses faiblesses irradient à travers les souvenirs, les photos, retrouvés par les propriétaires des lieux. Mention spéciale pour les salles de bains, installées par la star dans l’édifice construit en 1489, elles surprennent et font rêver. Leurs couleurs, les matières ont gardé un peu du glamour du passé...

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant