L'avenir des toits de Paris divise les partis politiques

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La municipalité souhaite doper la surélévation des toits de la capitale pour créer des logements supplémentaires tandis que la maire UMP du 9ème milite pour le classement des toitures à l’Unesco. Quant aux Verts, ils optent pour la végétalisation.

Et si pour gagner des logements supplémentaires, Paris surélevait les bâtiments existant plutôt que de chercher à en créer de nouveaux? Cette idée de densifier l’habitat urbain plutôt que de l’étaler fait son bout de chemin depuis quelques années. Désormais, avec la suppression du Cos (coefficient d’occupation des sols) introduite par la loi Alur, elle est d’autant plus facile à autoriser. Selon les révélations du Journal du Dimanche, une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme recense pas moins de 11.000 immeubles dans la capitale susceptibles de gagner ainsi un à cinq étages. Soit 8,2% des bâtiments parisiens.

Le phénomène ne concernerait pas les zones bordant la Seine ou des canaux (où la hauteur des construction est limitée à 25 mètres) ni les quartiers où les voies sont étroites (moins de 12 mètres) ou encore les secteurs de très forte homogénéité architecturale. Restent les immeubles installées sur des rues larges et des avenues et boulevards ainsi que de nombreux bâtiments d’angles qui n’ont souvent que deux ou trois étages et donc un très fort potentiel d’extension. Au total, le potentiel serait de 40.000 nouveaux appartements familiaux de 50 à 70 mètres carrés. Cette solution qui séduisait déjà Cécile Duflot laisse dubitatifs bon nombre de spécialistes du logement estimant qu’elle est très compliquée à mettre en œuvre.

Toujours selon le JDD, la maire de Paris qui a promis la création de 10.000 logements par an compte bien modifier son Plan local d’urbanisme (PLU) pour faciliter ces surélévations. Mais face à cette volonté affichée, tout le monde ne conçoit pas le même avenir pour les toitures parisiennes. Le 5 février dernier, la maire UMP du 9e arrondissement, Delphine Bürkli, lançait son comité de soutien à une candidature des toits de Paris pour un classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Une initiative qui avait, à l’origine, été soutenue par un vœu unanime du Conseil de Paris pour que ce dossier débouche.

Il semblerait que les choses aient évolué depuis. La maire de Paris Anne Hidalgo affiche désormais ouvertement son agacement face à cette volonté de classement à l’Unesco. Elle craint qu’elle ne devienne une arme pour éviter toute transformation de la capitale et vise finalement à «mettre Paris dans le formol». De son côté, Delphine Bürkli estime que son initiative n’est en rien incompatible avec des surélévations ou des végétalisations de toitures.

Une végétalisation qui est justement le cheval de bataille des élus Verts de la capitale. S’ils n’ont rien contre le classement des toits en zinc de Paris, ils ne veulent pas entendre parler de densification d’une ville qui est déjà bien assez dense à leurs yeux. Leur souhait: un Paris plus aéré avec plus d’espaces et de toits verts. La bataille des toitures parisiennes ne fait que commencer.

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  • floalain le vendredi 20 fév 2015 à 15:06

    Pas réaliste, le coût risque d'être prohibitif.

  • SuRaCtA le lundi 16 fév 2015 à 17:28

    Enfumage...

  • faites_c le lundi 16 fév 2015 à 16:24

    "Restent les immeubles ... qui n’ont souvent que deux ou trois étages et donc un très fort potentiel d’extension." Je ne sais pas quel est le comique qui a procédé à l'évaluation du potentiel mais on va droit au devant de désillusions si on pense que l'on peut rajouter à des immeubles n'ayant que 2 étages, 2 étages supplémentaires par la simple volonté des politiques! Les fondations n'étant pas faites pour cela, on risque tout simplement l'effondrement!

  • pelochon le lundi 16 fév 2015 à 15:24

    Les Verts : de jolies démagogues -> la seule et dernière parcelle verte du 10ème encore non habitée a été préemptée en 2013 par la mairie pour en faire des logements sociaux, et comme la sol est friable, c'est un blockhaus gigantesque qui est en cours de construction afin de "amortir et rentabiliser le renforcement des fondations"... Résultat : un immeuble de la taille de Fort Boyard laid, qui dénature l'architecture et sous-prétexte de mixité, le quartier...

  • M4189758 le lundi 16 fév 2015 à 11:55

    JPi - De toutes les façons gauche et droite n'en sont pas à une tuile de plus ou de moins.

  • cresus57 le lundi 16 fév 2015 à 10:48

    Aberrant... dans une ville déjà surpeuplée, ou la circulation est difficile.