L'armée kényane aurait détruit deux camps de Chabaab en Somalie

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L'ARMÉE KÉNYANE AURAIT DÉTRUIT DEUX CAMPS DE CHABAAB EN SOMALIE
L'ARMÉE KÉNYANE AURAIT DÉTRUIT DEUX CAMPS DE CHABAAB EN SOMALIE

par Drazen Jorgic et Edith Honan

NAIROBI (Reuters) - L'aviation kényane a annoncé lundi avoir détruit deux camps des Chabaab, les islamistes somaliens qui ont revendiqué le massacre du campus universitaire de Garissa, dans l'est du Kenya, où 148 personnes ont été massacrées jeudi dernier.

Les islamistes somaliens ont démenti que leurs camps aient été touchés, assurant que les bombes de l'armée de l'air kényane étaient tombées plus loin, dans des champs.

Les avions ont pilonné dimanche les camps, situés dans la région de Gedo, a dit le porte-parole des forces armées kényanes, David Obonyo.

"Nos photos aériennes montrent que les camps ont été complètement anéantis", a-t-il dit en précisant que cette opération visait à empêcher les islamistes basés dans ce secteur de lancer des attaques de l'autre côté de la frontière avec le Kenya.

Les Chabaab ont tué plus de 400 personnes sur le territoire kényan au cours des deux dernières années, dont 67 au centre commercial Westgate de Nairobi en septembre 2013.

Le Kenya s'efforce d'endiguer le passage d'islamistes et d'armes à travers ses 700 km de frontière avec la Somalie, et les violences sur son sol ont d'ores et déjà des retombées économiques car elles éloignent touristes et investisseurs.

Les Chabaab, qui disent avoir perpétré la tuerie de Garissa pour punir le Kenya de sa présence militaire en Somalie au sein de la force africaine AMISOM, ont proféré de nouvelles menaces au cours du week-end, promettant de "nouveaux bains de sang" dans les villes du pays.

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Le cheikh Abdiasis Abu Musab, porte-parole des opérations militaires des Chabaab, a dit à Reuters qu'aucun des camps n'avait été endommagé lors des opérations de dimanche. "Le Kenya n'a pas frappé nos bases", a-t-il affirmé.

La région de Gedo est difficile à atteindre et les informations sur les raids n'ont pu être vérifiées de façon indépendante.

L'un des quatre membres du commando des Chabaab qui a attaqué le campus de Garissa était le fils d'un officiel kényan du comté de Mandera, limitrophe de la région de Gedo. Abdirahim Abdullahi, membre de l'ethnie somali, était porté disparu depuis que son père avait annoncé qu'il était passé en Somalie pour rejoindre les Chabaab.

Dans la capitale Nairobi, des dizaines de membres des familles de victimes cherchaient toujours, lundi, à identifier les cadavres de leurs proches à la morgue de la ville.

L'engagement des forces kényanes dans le conflit somalien commence à être remis en question. Pour Raila Odinga, Premier ministre lorsque Nairobi avait envoyé des troupes en Somalie en 2011 et aujourd'hui chef de l'opposition, le Kenya doit aujourd'hui envisager de se retirer de Somalie, tout comme les Etats-Unis l'avaient fait après avoir perdu 18 hommes en 1993 à Mogadiscio.

"Les Etats-Unis avaient beaucoup de soldats en Somalie mais ils les ont rappelés. Le Kenya devrait retirer ses militaires de Somalie", a dit Raila Odinga dimanche, cités dans l'édition de lundi du journal Standard.

(Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)

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