L'armée française confortée, Charlie Hebdo plébiscité

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CHARLIE HEBDO PLÉBISCITÉ, L'ARMÉE FRANÇAISE CONFORTÉE
CHARLIE HEBDO PLÉBISCITÉ, L'ARMÉE FRANÇAISE CONFORTÉE

PARIS (Reuters) - Les attentats djihadistes en France, raillés dans un numéro spécial de Charlie Hebdo qui s'est arraché mercredi, ont incité François Hollande à revoir le rythme de réduction des effectifs des forces armées pour faire face à la menace.

Le président français a présenté ses voeux aux forces armées sur le porte-avions Charles de Gaulle, au large de Toulon, reprenant dans la solennité une séquence de voeux interrompue mercredi dernier par le premier des trois attentats qui ont fait 17 morts en France.

Il a annoncé devant les marins et les aviateurs son intention de revoir la baisse prévue des effectifs militaires -33.675 postes sur la période 2014-2019.

"La situation exceptionnelle que nous connaissons doit conduire à revenir sur le rythme de réduction des effectifs qui avait été programmé pour les trois prochaines années dans le cadre de la loi de programmation militaire", a dit le chef de l'Etat lors de ses voeux aux armées.

Auparavant, lors du conseil des ministres, il avait invité le gouvernement à être à la hauteur des attentes d'un pays selon lui "changé" par trois jours de terreur meurtrière et un sursaut républicain sans précédent.

Pour le président français, dont la gestion de la séquence post-attentats est saluée, y compris par l'opposition, ainsi que pour le Premier ministre, auteur d'un discours à l'Assemblée nationale qui a fait l'unanimité, le défi consiste à répondre aux attentes d'un pays bouleversé et menacé de nouvelles attaques.

"ÊTRE À LA HAUTEUR"

"Etre à la hauteur et mobilisés", telles sont les consignes du chef de l'Etat, alors que le gouvernement renforce l'arsenal sécuritaire sans pour autant adopter un "Patriot Act", comme les Américains l'avaient fait après le 11 septembre 2001.

Les Français estiment à plus de 80% que François Hollande et son gouvernement ont été à la hauteur de l'événement et leur font confiance à 57% pour assurer leur sécurité, bien devant l'opposition, selon un sondage.

Une nouvelle série de mesures sécuritaires appelées à être intégrées dans la future loi sur le renseignement seront présentées la semaine prochaine en conseil des ministres.

Les ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Défense présenteront à cette occasion des éléments visant à améliorer notamment les dispositifs de renseignement, d'écoute et de surveillance dans les prisons.

Sans attendre, le conseil des ministres a approuvé un décret lié à la loi antiterroriste votée en novembre dernier et permettant d'interdire à des Français de quitter le territoire "lorsqu'il existe des raisons sérieuses de penser qu'une personne projette des déplacements à l'étranger pour participer à des activités terroristes ou vers un théâtre d'opérations où agissent des groupements terroristes".

Le décret permet aussi d'interdire l'entrée sur le territoire français à des étrangers "dont la présence en France menacerait l'ordre public".

MENACE D'AL QAÏDA

La menace djihadiste reste en effet importante.

Al Qaïda au Yémen a revendiqué dans une vidéo diffusée sur YouTube la responsabilité de l'attaque menée il y a une semaine par les frères Saïd et Chérif Kouachi contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et a expliqué qu'il s'agissait de venger les insultes contre le prophète Mahomet.

"En ce qui concerne la sainte bataille de Paris, nous, (...), Al Qaïda (...) dans la péninsule arabique, revendiquons la responsabilité de cette opération comme vengeance pour le messager de Dieu", déclare Nasser ben Ali al Ansi, de la branche yéménite d'Al Qaïda (Aqpa).

Il y ajoute que les frères Kouachi, qui avaient déjà dit à BFM TV être envoyés par Aqpa, avaient reçu pour instruction d'attaquer l'hebdomadaire. Amedy Coulibaly, qui a tué une policière et quatre juifs, s'est quant à lui réclamé sur la même chaîne de l'Etat islamique.

Les autorités françaises restent aussi mobilisées contre les apologies du terrorisme et les menaces verbales.

Plus de cinquante procédures ont été ouvertes, dont une contre le polémiste Dieudonné, arrêté et placé en garde à vue mercredi.

La mobilisation des Français en faveur des victimes de Charlie Hebdo notamment ne faiblit pas non plus.

Les marchands de journaux ont été pris d'assaut dès les premières heures mercredi en France par des lecteurs en quête du numéro spécial de l'hebdomadaire satirique rédigé par survivants.

Les MLP (Messageries lyonnaises de presse) avaient programmé la distribution d'un million de Charlie mercredi, de deux autres jeudi et vendredi. Mais selon leur porte-parole, deux millions de plus sont désormais prévus ce week-end et la semaine à venir.

Soit au total un tirage total de cinq millions pour un journal ne tirant habituellement qu'à 60.000, pour une vente de 30.000 à 35.000 exemplaires par semaine.

(Service France, édité par Yves Clarisse)

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  • janaliz le mercredi 14 jan 2015 à 18:58

    Vraiment nul ce p. de pdt !