L'alimentaire pèse de moins en moins lourd dans votre budget

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INFOGRAPHIE - En 50 ans, la part du budget alimentation dans les dépenses de consommation des Français est revenue de 35% à 20%. Les ménages y consacrent 3600 euros en moyenne en 2014 par habitant sur l'année.

Depuis 1960, le panier alimentaire pèse de moins en moins lourd dans le budget des Français. Les ménages ont consacré 232 milliards d'euros à leur budget «alimentation» en 2014, à domicile ou hors domicile, soit 3600 euros en moyenne par habitant, selon une note de l'Insee publiée ce vendredi. Concrètement, ces dépenses pèsent pour 20,4% de leur consommation globale, contre 34,6% en 1960. Il y a 50 ans, l'alimentation était d'ailleurs le principal poste de dépense des ménages.

«Cette baisse de la part de l'alimentation dans la dépense de consommation des ménages est liée tout d'abord à une hausse du niveau de vie moyen», explique Nathalie Morer, chef de la section Consommation des ménages de l'Insee. En parallèle, la consommation alimentaire a certes progressé en volume (+1,1% par habitant et par an en moyenne), mais cette hausse reste deux fois moins rapide que l'ensemble des dépenses de consommation des Français. «En effet, on ne consomme pas deux kilos de viande par jour même si on a plus de moyens.» Quant au prix du panier alimentaire, il n'a pas augmenté plus que les autres postes de dépenses en moyenne.

Conséquence des fluctuations des prix et de leur pouvoir d'achat, les Français ont profondément modifié leur liste de courses en 50 ans. La part des trois principaux produits au sein de leur panier alimentaire (viande, fruits et légumes, pains et céréales) recule régulièrement. Celle des oeufs, laitages et poisson, stagne depuis les années 1990. À l'inverse, les ménages remplissent de plus en plus leur frigidaire et leurs placards de plats préparés, de produits sucrés (sucre, confiseries, chocolat, confitures, etc.) et de boissons non alcoolisées. «Les changements de modes de vie s'accompagnent d'une réduction du temps de préparation des repas à domicile (- 25 % entre 1986 et 2010) et profitent à des produits faciles d'emploi, tels que les pizzas ou les desserts lactés frais», relève l'Insee. «Inexistante en 1960, la consommation de légumes coupés ou emballés s'est fortement développée depuis les années 1990.»

Même s'ils passent moins de temps en cuisine, les Français prennent globalement moins leurs repas à l'extérieur, surtout depuis la crise. L'alimentation hors domicile affiche une croissance en volume moins rapide que l'alimentation au domicile (+ 0,7 % par an et par habitant entre 1960 et 2014 contre + 1,2 %). Malgré certains arbitrages budgétaires, au détriment de ces sorties, les dépenses dans les restaurants, cantines ou débits de boissons pesaient 26% du budget alimentaire des ménages en 2014, contre 14% en 1960, en raison des hausses de prix successives. «Manger à l'extérieur coûte de plus en plus cher: depuis 1960, les prix ont augmenté de 5,9 % par an en moyenne, soit davantage que les prix de l'alimentation au domicile (+ 4 % par an).» L'an dernier, Français ont dépensé 59 milliards d'euros dans ces établissements.

Logement et transport, les principales dépenses

Globalement, le premier poste de dépenses des ménages est le logement. Il pèse pour un quart des dépenses de la vie quotidienne. «La dynamique des prix, supérieure à celle de l'ensemble de la consommation, explique cette part prépondérante», note Nathalie Morer. Au coude à coude avec l'alimentaire (cette fois sans le hors domicile), les transports viennent en deuxième position.

Hors effet prix, d'autres postes ont pris de l'ampleur dans la dépense des Français. À commencer par les télécoms, l'informatique et autres technologies de l'information. «Ce poste a été soutenu par l'innovation ces 50 dernières années, du téléviseur au mobile, en passant par la tablette. Les abonnements aussi ont beaucoup évolué depuis le paiement du téléphone fixe à la minute de consommation.» L'assurance-vie, qui s'est fortement développée dans les années 80 jusqu'à devenir le placement chouchou des Français, voit aussi sa part dans les dépenses augmenter rapidement, à travers l'évolution des frais d'adhésion à un contrat ou de gestion. Les dépenses de santé (après remboursement de la Sécu), enfin, ont aussi progressé plus vite que la moyenne. «Cette hausse s'explique en partie par les mesures visant à maîtriser les dépenses de l'assurance-maladie, comme le déremboursement de certains médicaments, mais aussi par le recours grandissant des Français à des services non remboursés, par exemple des consultations de podologue ou d'osthéopathe. Enfin, l'automédication est une tendance en hausse.»

» Tout savoir sur les prix et le budget des ménages avec Les clés de la conso du Figaro

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