L'affaire Baupin libère la parole sur le harcèlement

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APPELS À BRISER LA LOI DU SILENCE APRÈS L'AFFAIRE BAUPIN
APPELS À BRISER LA LOI DU SILENCE APRÈS L'AFFAIRE BAUPIN

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Les témoignages mettant en cause le député écologiste Denis Baupin, accusé de harcèlement sexuel, ont suscité depuis lundi des appels à briser la loi du silence qui règnerait, à ce sujet, dans un monde politique français encore très masculin.

Cinq ans après le début du feuilleton Dominique Strauss-Kahn, certaines élues voient dans cette nouvelle affaire le révélateur de pratiques qu'elles présentent comme courantes et une occasion de libérer la parole des femmes.

Avant les révélations de Mediapart et de France Inter, jamais des élues ou des collaboratrices n'avaient dénoncé ainsi à visage découvert un responsable politique, en l'occurrence le député de Paris Denis Baupin.

Elles l'accusent d'avoir eu des gestes pouvant s'apparenter à des agressions et d'avoir envoyé des dizaines de messages d'incitation sexuelle voire, pour l'une d'elles, de l'avoir menacée de mesures de rétorsion.

Les faits rapportés, que conteste l'ex-vice président de l'Assemblée nationale, remontent toutefois à plusieurs années.

Ce long silence a conduit certains responsables politiques à poser la question de la possibilité offertes aux femmes de s'exprimer et de trouver auprès de leurs collègues une écoute.

Ancienne secrétaire d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et épouse de Denis Baupin, Emmanuelle Cosse a dit elle-même n'avoir rien su jusque-là et découvert lundi les soupçons pesant sur son mari.

"C'est révélateur de la difficulté de parler et de l'omerta dans laquelle baigne ce genre de sujet", a réagi mardi la députée Les Républicains Nathalie Kosciusko-Morizet.

"C'est révélateur de tout un ensemble de structures mentales assez sexistes qui permettent ça", a ajouté la candidate à la primaire de droite en vue de la présidentielle de 2017, selon qui "le sexisme" et "la parole dégradante" ne sont pas rares.

"Quand vous faites de la politique, vous finissez par vous habiller de manière très sobre sinon vous vous trouvez perpétuellement confrontée à des commentaires", a-t-elle poursuivi sur BFM TV.

DEMANDE D'EXCUSES

Il y a un an, une quarantaine de femmes journalistes publiaient pourtant dans Libération une tribune dans laquelle elles disaient subir régulièrement les remarques déplacées et sexistes de leurs interlocuteurs. Mais sans donner de nom.

Mardi, le même journal met en Une un appel qui lui fait écho, signé par des "élues, militantes et responsables de tous bords" demandant la fin du silence et de l'impunité protégeant d'après eux les agresseurs.

"Pour que la culpabilité change de camp, il faut parler", selon les signataires, parmi lesquels les anciennes ministres UMP (droite) Chantal Jouanno et Roselyne Bachelot ou les écologistes Cécile Duflot et Julien Bayou.

La socialiste Delphine Batho est allée jusqu'à demander des excuses au ministre des Finances, Michel Sapin, récemment mis en cause dans un ouvrage pour avoir, selon ses auteurs, eu un comportement inconvenant en présence d'une journaliste - allégations auxquelles il a apporté un "démenti catégorique".

"Aucun comportement de maltraitance à l'égard des femmes, qu'elles soient femmes politiques, femmes journalistes, qu'elles soient caissières de supermarché, qu'elles soient simples ouvrières, n'est acceptable", a jugé l'ancienne ministre.

Les révélations de Mediapart et France Inter ont par ailleurs incité une élue des Yvelines, Aurore Bergé, à rendre compte des remarques sexistes entendues lundi soir, en plein scandale Denis Baupin, lors d'une réunion de conseillers locaux.

L'affaire en cours a également réveillé les souvenirs de Monique Pelletier, ministre déléguée à la Condition féminine sous le gouvernement de Raymond Barre, qui a révélé mardi avoir été agressée en 1979 par un sénateur.

"Honte à moi de mon silence", a-t-elle écrit sur Twitter.

Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, a toutefois estimé mardi que ce genre de pratique n'avait, à sa connaissance, pas cours dans sa famille politique.

"L'omerta, ce n'est pas dans la classe politique. C'est chez les Verts", a-t-il dit sur Europe 1.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • wljs il y a 9 mois

    Pas de plainte. uniquement des faits prescrits. Une odeur de règlement de compte politique. Je crains que le problème ne soit pas celui du harcèlement qui mérite un peu plus de respect que ces scoops médiatiques. Rappelons-nous de Beaumarchais.eFra-t-on autant de battage si l'enquête préliminaire ne donne pas les résultats escomptés par les loups médiatiques?