Katmandou : "Nous ne nous sentons plus humains"

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De l'eau est distribuée dans un camp à Katmandou le 28 avril.
De l'eau est distribuée dans un camp à Katmandou le 28 avril.

Il est minuit à Katmandou. Sous un ciel noir d'encre, les rues de la capitale népalaise sont désertes, à peine éclairées par de rares lampadaires. Le silence est parfois rompu par le vrombissement des avions qui fendent le ciel et les aboiements des chiens. Alors que le pays a décrété une situation d'urgence depuis le séisme qui a ravagé la région samedi matin, il n'y a pas l'ombre d'un policier ni d'un soldat pour assurer l'ordre nocturne d'une capitale de 2,5 millions d'habitants. Mais sur les trottoirs, dans les jardins, les parcs, les esplanades, les terrains vagues, les places publiques, s'alignent des corps endormis par dizaines de milliers, emmitouflés sous des couvertures. Après deux premières nuits de pluie, le ciel a offert une trêve. Cependant, les terrains sont détrempés, la fatigue s'accumule, et l'angoisse étreint les sinistrés comme une chape de plomb. L'un des plus grands terrains à ciel ouvert, pris d'assaut par les sinistrés, est l'esplanade de Tundikhel, à proximité des quartiers de la vieille ville de Katmandou. Depuis les premières heures du sinistre, les gens s'y sentent en sécurité. "Il y a eu comme un raz-de-marée humain qui s'est précipité vers tous les espaces à ciel ouvert", raconte le Major Shantosh Karki, qui a été envoyé en hélicoptère de reconnaissance au moment du séisme. Il a pris une vidéo : vues du ciel, les artères étroites de la ville se vident de leurs êtres humains, qui, tels des milliers de...

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