Juncker va présenter son plan pour la crise des réfugiés

le
0
JUNCKER VA PRÉSENTER SON PLAN POUR LA CRISE DES RÉFUGIÉS
JUNCKER VA PRÉSENTER SON PLAN POUR LA CRISE DES RÉFUGIÉS

par Alastair Macdonald

STRASBOURG (Reuters) - Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, présentera ce mercredi son plan pour faire face à la crise des réfugiés en Europe, au risque de provoquer de nouvelles frictions entre pays européens ou entre des dirigeants nationaux et Bruxelles.

L'ampleur du drame humain qui se déroule aux frontières de l'Union européenne -- ainsi que les craintes de voir la persistance de désaccords entre Etats membres nuire aux intérêts communs tels que la liberté de mouvement au sein du bloc -- incitent cependant les uns et les autres au compromis.

Un précédent plan de répartition d'accueil des migrants, présenté en mai par Jean-Claude Juncker, avait été accueilli par une franche hostilité par certains pays membres.

A l'occasion de son premier discours sur l'Union devant le Parlement européen à Strasbourg, le président de la Commission va proposer un système de quotas contraignants pour l'accueil de réfugiés, portant sur un total de 160.000 personnes, soit quatre fois plus que lors de son plan de mai.

Des responsables européens ont dit que Jean-Claude Juncker préconisera également un mécanisme permanent permettant de transférer ailleurs les personnes arrivées en masse en Italie, Grèce et Hongrie.

Les règles actuelles du droit d'asile prévoient que le premier pays de l'Union européenne où sont entrés les migrants doit traiter leurs demandes, ce qui a mis sous forte pression les capacités d'accueil de Rome, d'Athènes et de Budapest.

L'ancien Premier ministre luxembourgeois, qui a souvent condamné les replis nationaux prévalant dans nombre des 28 pays membres de l'Union européenne depuis son arrivée à la tête de la Commission, s'efforcera vraisemblablement de rassurer les dirigeants sur le contrôle des frontières.

Il devrait ainsi détailler un plan permettant d'accélérer le processus censé faire le tri entre les migrants éligibles au droit d'asile et ceux qui ne le sont pas, avec à la clef la reconduite aux frontières de ces derniers.

L'EFFET MERKEL

L'équilibre trouvé entre une approche humanitaire de la crise des réfugiés et le souci de préservation d'un continent qui redoute l'arrivée de millions de personnes victimes de conflits au-delà de ses frontières a dépassionné le débat entre les dirigeants, dont certains avait dans un premier temps qualifié de "diktat" contre-productif de Bruxelles l'idée de quotas de migrants.

Jean-Claude Juncker devrait également détailler ce mercredi des propositions portant sur la lutte contre les trafiquants d'êtres humains, les moyens d'augmenter les créations d'emplois en Afrique et au Moyen-Orient ou encore le soutien aux programmes d'aide aux réfugiés des Nations Unies.

"Cette fois, la Commission paraît présenter une approche plus complète, se préoccupant également de la nécessité de mieux contrôler les frontières", a dit un diplomate européen originaire d'un pays de l'Est.

"Il reste beaucoup de choses à négocier. Il y a un grand nombre de points que nous ne pouvons accepter. Mais le débat est désormais moins chargé en émotions."

La chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays a accueilli le nombre le plus important de réfugiés, semble avoir joué un grand rôle dans la possibilité d'un accord.

Lundi, après s'être félicitée que l'Allemagne ait accueilli au cours du week-end quelque 20.000 personnes, elle a souligné que la décision de son gouvernement d'ouvrir largement ses frontières aux réfugiés étaient temporaire et que leur accueil ne pouvait être à la charge de quelques pays européens seulement.

Elle a exhorté ses voisins de l'Est, récipiendaires de fonds européens financés en grande partie par Berlin, à se montrer solidaires tout en disant que le système Schengen de frontières ouvertes, dont ils bénéficient, était menacé par les mouvements chaotiques de migrants au sein du bloc.

"Quand Angela Merkel veut quelque chose (...) les choses commencent à bouger", a dit un autre diplomate européen.

Des responsables européens ont déclaré que des pays se verraient offrir la possibilité de contribuer financièrement plutôt que d'accueillir des réfugiés.

Le nombre de personnes traversant la Méditerranée pour trouver asile en Europe devrait s'élever à 400.000 cette année et à 450.000 en 2016, a estimé mardi l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans un document accompagnant un appel de fonds d'urgence.

Jean-Claude Juncker doit commencer à s'exprimer devant le Parlement européen peu après 07h00 GMT.

(Benoit Van Overstraeten pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant