Jean-Marie Le Pen veut un boycott du vote sur les statuts du FN

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JEAN-MARIE LE PEN APPELLE AU BOYCOTT DU VOTE SUR LES STATUTS DU FN
JEAN-MARIE LE PEN APPELLE AU BOYCOTT DU VOTE SUR LES STATUTS DU FN

PARIS (Reuters) - Jean-Marie Le Pen a appelé lundi les adhérents du Front national à boycotter le scrutin par correspondance sur un projet de nouveaux statuts qui prévoit la suppression de la présidence d'honneur, préalable à son exclusion définitive du mouvement.

L'ancien président et co-fondateur du FN a été suspendu temporairement de sa condition d'adhérent du parti après avoir réitéré des propos polémiques, notamment sur les chambres à gaz dans les camps d'extermination nazis.

Sa suspension doit durer jusqu'à la fin d'une assemblée générale extraordinaire par correspondance. La consultation sur les nouveaux statuts a débuté lundi et s'achèvera le 10 juillet.

Jean-Marie Le Pen, qui dénonce une éviction politique dictée selon lui par l'entourage de sa fille Marine Le Pen, présidente du parti, a appelé lundi les adhérents à ne pas prendre part au scrutin.

"Aux adhérents du Front, je demande instamment de NE PAS PARTICIPER AU VOTE de réforme des statuts", écrit-il sur son compte Twitter. "D'abord il n'est pas secret, et surtout c'est un piège destiné à changer l'orientation politique du Front National."

Depuis sa mise à l'écart, Jean-Marie Le Pen a crié à la trahison, a dit renier sa fille puis s'est attaqué à Florian Philippot, l'un des vice-présidents du FN, qu'il accuse de manipuler Marine Le Pen.

Le projet de statuts adressé pour vote aux quelque 40.000 adhérents du FN est accompagné d'une lettre de Marine Le Pen qui condamne une nouvelle fois les propos de son père.

"Chacun d'entre nous a été, depuis quelques semaines, le témoin navré de ce que des initiatives et des propos préjudiciables d'un président d'honneur peuvent très gravement nuire au fonctionnement de notre mouvement politique", écrit-elle.

Mais elle souligne aussi que les nouveaux statuts doivent "moderniser" le parti en vue des élections régionales de décembre et surtout de la présidentielle de 2017, comme pour montrer que le seul changement majeur n'est pas la suppression de l'article 11 bis qui instituait la présidence d'honneur pour son père.

Le projet stipule en outre que l'adhésion au FN "n'est compatible avec aucune autre appartenance à un autre parti ou groupement politique de droit ou de fait" sans l'aval du conseil d'administration.

Cette définition large exclurait de facto un retour de Jean-Marie Le Pen dès lors que celui-ci créerait un mouvement, comme il l'a suggéré, mais contraindrait aussi ses derniers fidèles, comme Bruno Gollnisch, à choisir entre le FN et son dirigeant historique.

(Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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  • M6749774 le lundi 22 juin 2015 à 17:24

    Toute cette histoire manque d'élégance.