Jean-Louis Debré estime que pour Nicolas Sarkozy "c'est fini"

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PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy devrait prendre acte "que pour lui, c'est fini", déclare jeudi le chiraquien Jean-Louis Debré, qui dresse un portrait féroce de l'ancien président dans un ouvrage à paraître prochainement après neuf années d'une stricte réserve à la tête du Conseil constitutionnel.

Remplacé en mars à la présidence des "Sages" par Laurent Fabius, Jean-Louis Debré, nommé depuis président du Conseil supérieur des archives, a consigné par écrit durant son mandat les grandeurs et petitesses de la vie politique française dont il se dit aujourd'hui déçu et détaché.

"Quand on veut être président de la République, on doit avoir le sens de l'Etat. Et Nicolas Sarkozy ne l'a pas", déclare-t-il dans une interview au Point qui publie jeudi des extraits de "Ce que je ne pouvais pas dire", à paraître le 21 avril.

En 2008, le Conseil constitutionnel censure partiellement la loi sur la rétention de sûreté voulue par Nicolas Sarkozy. Ce dernier confie alors une mission au premier président de la Cour de cassation pour "trouver un moyen de contourner notre jurisprudence", écrit Jean-Louis Debré.

"Rien ne m'étonne plus de Sarkozy. Il n'a aucun sens de l'Etat. C'est un chef de clan auquel il est interdit de résister, surtout au nom du droit", souligne-t-il.

Quant à la réforme constitutionnelle de 2008, "Sarkozy était prêt à tout casser, par caprice, parce qu'il avait envie de s'exprimer devant le Congrès", ajoute l'ancien président du Conseil Constitutionnel.

"Nicolas Sarkozy nous joue l'éternel revenant qui s'accroche. Il devrait prendre acte que pour lui, aujourd'hui, c'est fini", tranche Jean-Louis Debré dans l'interview.

Ce proche de Jacques Chirac, dont l'inimitié envers Nicolas Sarkozy remonte à la campagne présidentielle de 1995, juge dans ce même entretien qu'"à droite, la crise est pathétique".

"Les candidats à la primaire proposent tous la même chose et ne cessent de se dénigrer entre eux. Qu'est-ce qu'un grand parti quand il génère quatorze ou quinze candidats? En face, au PS, ils prennent un malin plaisir à se combattre entre eux", dit-il.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le jeudi 14 avr 2016 à 19:16

    Exactly...Monsieur Jean-Louis Debré...Exactly...en 2012, n'importe qui à droite aurait été Président, et elle a laissé le pire des leurs à se représenter... maintenant que le mal a été fait, il est bien tard pour philosopher, et les pires sont encore devant nous...:-(((