Jean-Jacques Urvoas refuse toute "guantanamoïsation" du droit

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JEAN-JACQUES URVOAS DÉFEND LE DROIT CONTRE L'ARBITRAIRE
JEAN-JACQUES URVOAS DÉFEND LE DROIT CONTRE L'ARBITRAIRE

PARIS (Reuters) - Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas refuse toute "guantanamoïsation" du droit français après les critiques émises par Nicolas Sarkozy contre la politique du gouvernement en matière de lutte antiterroriste.

L'attaque contre une église mardi a attisé la polémique sécuritaire ravivée après l'attentat du 14 juillet à Nice entre le gouvernement et l'opposition de droite.

L'ex-chef de l'Etat et président des Républicains (LR) a estimé mercredi que la réponse de la gauche aux attentats qui visent la France depuis janvier 2015 n'était pas à la hauteur et a notamment appelé à la révision des dispositions européennes sur la double peine.

"Emportés par l’émotion et l’inquiétude, la tentation est grande d’en appeler à la 'pensée magique', quitte à sortir de notre Constitution, quitte à sortir de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), quitte à sortir de ce qui fait la France", souligne le ministre de la Justice dans une tribune publiée jeudi par Le Monde.

"Notre Constitution garantit les libertés publiques pour qu’en France on ne puisse pas enfermer sans preuve", poursuit-il. "L’arbitraire n’est pas acceptable et au nom de l’efficacité, je refuse cette volonté de 'guantanamoïsation' de notre droit", dit-il en référence au centre de détention controversé américain.

"CIRCULEZ, Y'A RIEN À VOIR"

Nicolas Sarkozy a dénoncé les propos du ministre en marge d'un déplacement dans l'Oise.

"Si à chaque fois qu'on fait une proposition (...) on me dit : 'Vous brisez l'unité de la France', alors le mieux est de supprimer le Parlement, le mieux c'est qu'il n'y ait pas d'opposition, et on considère que tout va bien dans le meilleur des mondes. Moi je pense que rien ne va", a-t-il dit à des journalistes.

"Qu'est-ce que me répond le garde des Sceaux? 'Circulez, y'a rien à voir, ça serait Guantanamo', où il n'a jamais mis les pieds, où il ne sait même pas ce qui s'y passe", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a demandé mercredi la mise en oeuvre des propositions émises par la droite ces derniers mois.

Les Républicains préconisent notamment que tout étranger dont les connexions, directes ou indirectes, avec un groupe terroriste sont démontrées soit expulsé de France ou que tout ressortissant français dans la même situation soit placé dans un centre fermé ou avec un bracelet électronique pour trois mois.

Ils demandent également que les détenus condamnés pour terrorisme ne puissent bénéficier d’aménagements ou de réductions de peines automatiques.

Nicolas Sarkozy souhaiterait également le placement en rétention de suspects ou de fichés "S" "pour que le principe de précaution s'applique à la sécurité des Français".

"L’ancien président de la République (...) propose de réduire notre droit à un système d’exception, dont nous savons, pour le voir en œuvre dans d’autres pays, qu’il est inefficace et ne saurait nous garantir contre les impulsions meurtrières des terroristes", estime Jean-Jacques Urvoas.

(Marine Pennetier avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • brinon1 il y a 4 mois

    Nous avons Cayenne ce serait l'idéal et ca ne couterait pas cher en investissement, point de vue sécurité ce serait imparable, et constitutoinnellement compatible. Les y faire croupir les neutraliserait pour longtemps, et La Guyanne est le plus ancien département francais, qu'attend t 'on ?

  • danielk6 il y a 4 mois

    Oui il en faut un et le plus tôt possible,il suffit de faire comme la Turquie !!

  • M6886693 il y a 4 mois

    C'est bien dommage M. Urvoas. Etre gentil, c'est bien, mais pas avec n'importe qui. On doit pouvoir être de gauche et clairvoyant. Je préconise la réouverture du bagne à Cayenne. Casser des cailloux sans internet, ça libère l'esprit et c'est utile pour la collectivté.

  • rodde12 il y a 4 mois

    Ils viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes... Et Urvoas les fait bénéficier de "leurs droits"Ils nous ont déclaré la guerre donc on est en état de guerre et les ennemis sont nos ennemis. On condamne le révisionnisme, l'homophobie mais pas les menées de notre ennemi?

  • guerber3 il y a 4 mois

    Oh ! il vient d' inventer un mot, c' est quelqu' un celui-là...!

  • M7360510 il y a 4 mois

    NS a raison il faut rétablir la démocratie et l'état de droit , le débat doit exister et les mesures de révision de notre droit pour protéger les innocents contre la folie terroriste doivent être votées par le parlement.

  • pde-ramb il y a 4 mois

    Il y a eu une gigantesque boulette de la Justice qui a laissé en liberté un type qui a essayé deux fois de rejoindre Daesh, une décision d'un JAP confirmée par la chambre d'accusation après appel du parquet. Regardez le documentaire sur Daesh sur la chaîne parlementaire - des corps décapités, d'autres crucifiés, une violence inouïe. Un vrai scandale. En d'autres temps le ministre de la Justice aurait démissionné...Navrant et honteux. Je comprends le mépris des terroristes pour nous.

  • pier4564 il y a 4 mois

    et la protection de la population?

  • mipolod il y a 4 mois

    OK, pas de Guantanamo ! Alors, qu'est ce que propose ce môssieur à la place ? On ne va quand même pas laisser des fichés S libres de tous mouvements dans la nature en France ! C'est malheureux, mais il faudrait qu'il y ait une victime proche des ministres ou de du gros tout mou pour que ces pleutres réagissent !

  • BARIL22 il y a 4 mois

    On aimerait que la prétendue guerre (invisible) que le gouv. mène contre les terroristes soit aussi efficace et impitoyable que la guerre menée contre les français moyen qui ont des comptes en Suisse.