Israël frappe Gaza après de nouveaux tirs de roquettes

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REPRISE DES FRAPPES À GAZA
REPRISE DES FRAPPES À GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Ori Lewis

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Israël a repris ses frappes aériennes sur la bande de Gaza vendredi en réponse aux tirs palestiniens de roquettes, les négociations au Caire n'ayant pas permis de parvenir à une prolongation de la trêve arrivée à terme en début de matinée.

Au Caire, les Palestiniens blâment Israël pour l'échec des négociations sur une cessation durable des hostilités, qu'ils se disent néanmoins prêts à poursuivre, tandis que le gouvernement israélien se refuse à toute discussion tant que des roquettes sont tirées de Gaza.

A la fin de la trêve, à 05h00 GMT, les sirènes d'alerte ont résonné dans le sud d'Israël. Selon l'armée israélienne, le Hamas a tiré 45 roquettes de Gaza dont deux interceptées par le système antimissile "Dôme de fer".

Les militants du Djihad islamique et des Comités de résistance populaire ont revendiqué la responsabilité de ces salves tirées de l'enclave palestinienne.

Israël accuse le Hamas d'avoir rompu le cessez-le-feu par des tirs de roquettes survenus environ quatre heures avant la fin de la trêve.

La reprise des combats après la fin de la trêve a fait ses premières victimes.

Un garçon de dix ans a été tué dans une frappe israélienne près d'une mosquée de la ville de Gaza, ont annoncé des responsables médicaux palestiniens. Un activiste du Djihad islamique a été tué dans une autre frappe, ont annoncé des responsables locaux.

En Israël, deux personnes ont été blessées par des tirs de mortiers en provenance de Gaza, a annoncé la police israélienne.

Après une énorme explosion dans la ville de Gaza, venant apparemment d'une frappe aérienne, l'armée a fait dire par un porte-parole qu'elle avait répondu aux tirs de roquettes à partir de l'enclave palestinienne par des frappes aériennes contre des "sites terroristes" dans la bande de Gaza.

"Nous continuerons à frapper le Hamas, ses infrastructures, ses agents et restaurerons la sécurité pour l'Etat d'Israël", a déclaré dans un communiqué le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de Tsahal.

A Gaza, des familles qui étaient retournées dans leurs maisons à Beit Hanoun, dans le nord de l'enclave, ont fui de nouveau vers les abris de l'Onu où elles avaient trouvé refuge ces dernières semaines.

"Aujourd'hui, je fuis à nouveau, témoigne un résident, Yamen Mahmoud. Je ne suis pas contre la résistance mais nous devons savoir quoi faire. Est-ce la guerre ou la paix ?"

IMPASSE DIPLOMATIQUE

Sur le plan diplomatique, les Palestiniens, qui ont annoncé rester au Caire pour poursuivre les discussions, accusent Israël de faire capoter les négociations pour un cessez-le-feu durable.

Israël s'est dit favorable à une prolongation de la trêve sous les mêmes conditions que précédemment mais refuse toute discussion sur son renouvellement tant qu'il y aura des tirs de roquettes à partir de Gaza.

"Officiellement, nous n'avons pas reçu de réponse israélienne. Les frères en Égypte nous on présenté un document sans pour autant dire qu'il provenait des Israéliens", a déclaré Azzam al Ahmed, un représentant du Fatah dirigeant la délégation palestinienne au Caire.

"Nous sommes prêts à poursuivre les négociations dans le but d'atteindre un accord final qui rendrait leurs droits (aux Palestiniens) (...) Je veux parler de la levée du blocus de la bande de Gaza."

Le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri a considéré qu'"aucune avancée n'a été faite".

"Les Israéliens perdent du temps et ne sont pas sérieux (...) Nous n'avons cependant pas fermé la porte et continuerons les négociations", a-t-il déclaré.

Le Hamas, le Djihad islamique, le Fatah et les autres factions palestiniennes réclamaient notamment un allègement du blocus imposé à la bande de Gaza depuis 2006 pour prolonger la trêve. Les Israéliens n'ont pris aucun engagement tangible en ce sens, selon les Palestiniens.

Les négociateurs palestiniens doivent rencontrer en fin de journée les médiateurs égyptiens qui mènent les négociations, a annoncé Azzam al Ahmed.

L'Egypte a pour sa part appelé à un nouveau cessez-le-feu immédiat et "toutes les parties à faire preuve de responsabilité", dans un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères assurant que, lors des négociations menées ces derniers jours au Caire, Israéliens et Palestiniens étaient parvenus à un accord sur la plupart des principaux points abordés et que seules quelques questions restaient à régler.

Selon un décompte des autorités de Gaza, l'opération "Bordure protectrice" enclenchée le 8 juillet par Israël après une recrudescence des tirs de roquettes palestiniens, a fait 1.877 morts côté palestinien, pour la plupart des civils. Le Hamas a par ailleurs annoncé jeudi avoir exécuté un nombre indéterminé de Palestiniens considérés comme des espions à la solde d'Israël.

Israël recense 64 militaires et trois civils tués sur son territoire.

(Agathe Machecourt pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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