Investir dans un sac à main n'est pas plus rentable que la pierre

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À en croire des études américaines reprises par la presse féminine, les sacs emblématiques des maisons Hermès et Chanel s’apprécieraient plus vite que l’immobilier. Pas sûr que ce soit le cas en France. Démonstration.

Les «études» sont formelles: plus rentable que l’or, que la Bourse et surtout que l’immobilier, l’investissement ultime serait l’achat d’un sac à main. Évidemment pas n’importe lequel, il faudrait se concentrer sur les modèles les plus iconiques, notamment le célèbre sac matelassé 2.55 de Chanel ou le non moins apprécié Birkin chez Hermès. Une nouvelle fracassante qui émane, comme par hasard d’un site américain, BagHunter, spécialisé dans la vente de sacs à main de luxe. Selon cette société, le modèle très prisé chez Hermès s’est apprécié en moyenne depuis son lancement (en 1980) de 14,2% par an alors que l’or ne progressait que de 1,9% et l’indice boursier S&P 500 de 11,66% en nominal (soit 8,65% en monnaie constante, en gommant l’effet de l’inflation).

De son côté le 2.55 de Chanel est passé de 220 dollars à son lancement, en 1955, à 4900 dollars actuellement. Comme le souligne l’étude après une longue période de faible accroissement jusqu’en 1990 les prix se sont envolés récemment. Au cours des 5 dernières années, la facture a même bondi de 71,92% alors que l’immobilier américain ne progressait que de 8,1% sur cette même période. Un bond impressionnant mais que l’on peut retrouver sur divers marchés immobiliers.

À Londres et Paris, des envolées des prix comparables

Ainsi, dans le périmètre du grand Londres les prix se sont envolés de 76,2% depuis mi-2009. Quant à Paris, si le marché est bien plus calme depuis 2008, il a connu 10 années de folle croissance entre 1998 et 2007 où les prix ont été multipliés en moyenne par 2,8, soit une croissance annuelle moyenne de 10,84%. On est ainsi tout près des exploits du sac Chanel qui affiche une progression annuelle de 11,4% mais sur une période bien plus limitée. Sur l’ensemble de sa carrière, soit 60 ans, ce sac n’a vu son prix se multiplier «que» par 22,27, soit un accroissement moyen de 5,3% par an. Selon les chiffres du Conseil général de l’environnement et du développement durable, les prix (nominaux) de l’immobilier ont été multipliés par 100 sur la même période, soit 8% par an.

Le match du cuir contre la pierre est donc loin d’être gagné. C’est d’autant plus le cas lorsque l’on intègre des éléments de pouvoir d’achat. Si l’on en croit ces statistiques internationales, le prix des logements rapporté au revenu disponible des ménages a légèrement décru aux États-Unis depuis 1965 alors qu’il a augmenté de 60% en France. Et puis, si le budget d’un sac à main n’a rien à voir avec celui de l’immobilier (on s’offre tout juste un demi-mètre carré parisien bien placé), son utilité n’est pas comparable non plus. Pas facile de s’y abriter, d’y loger ses enfants ou d’assurer sa retraite avec. L’investissement dans la pierre a encore de beaux jours devant lui.

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  • jmlhomme il y a 3 mois

    Celle qui s'achete ce sac a dejà sa maison et ses enfants...... le propos est donc sans interet. C'est la cas de le dire.