Impôts : hausse attendue des demandes d'annulation ou de délai

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Un tiers des ménages qui s'acquittent de l'impôt sur le revenu subissent de plein fouet les effets des mesures fiscales arrêtées ces dernières années, en plus de la crise.

La semaine commence mal pour de nombreux Français: les contribuables n'ayant pas opté pour le prélèvement mensuel ou le paiement sur Internet doivent régler ce lundi le dernier tiers de leur impôt sur le revenu (IR). Une facture qui, pour beaucoup d'entre eux, affiche une hausse. D'après les estimations de Bercy, plus de six millions de foyers fiscaux sont dans ce cas cette année.

Pourtant, le gouvernement, qui craignait une nouvelle révolte fiscale en cette rentrée, a essayé de limiter les dégâts. Manuel Valls n'a cessé de revoir à la hausse le coup de pouce fiscal destiné aux ménages les plus modestes cette année. D'un montant final de 1,3 milliard d'euros, il concerne 4,2 millions de foyers, dont près de 2 millions sont censés sortir de l'impôt ou éviter d'y rentrer. Il n'est pas sûr cependant que ce geste soit suffisant. Car plusieurs mesures ont un effet redoutable. Il s'agit notamment de la baisse, pour la deuxième année consécutive, du plafond du quotient familial, entraînant une hausse d'impôt de 1000 euros pour un couple avec deux enfants déclarant quelque 70.000 euros par an. Autres mesures tranchantes: la réintégration de la participation de l'employeur au régime de complémentaire santé ou le plein effet de la refiscalisation des heures supplémentaires.

Les demandes gracieuses en hausse de 22 %

Du fait de ces hausses d'impôts, les Français ont de plus en plus de mal à régler la facture. Entre 2011 et 2013, les demandes gracieuses (annulation de tout ou partie de la somme) concernant l'impôt sur le revenu ont bondi de 22 %, frôlant désormais la barre des 220.000. Tous impôts confondus (particuliers et entreprises), le fisc en a reçu près de 1,3 million en 2013. Il est encore trop tôt pour donner une tendance cette année, d'autant que la taxe d'habitation et la redevance audiovisuelle - le coup de grâce - n'ont pas encore été levées. «On s'attend à une nouvelle hausse des demandes gracieuses et des paiements étalés», pronostique toutefois Vincent Drezet, secrétaire général du syndicat Solidaires-Finances publiques, qui va jusqu'à évoquer le cas de personnes qui ont dû emprunter pour payer leurs impôts.

Si le geste fiscal voté en juillet «devrait permettre d'épargner une partie des actifs», cela ne veut pas dire qu'ils n'éprouveront pas de difficultés. «En fonction de la conjoncture», on aura ou non une «explosion», estime Vincent Drezet. Seule certitude: les retraités seront bien davantage à éprouver de grosses difficultés à payer leurs impôts, à cause de la fiscalisation des majorations de pensions de retraite - 10 % dans le régime général - pour ceux ayant élevé au moins trois enfants, et du plein effet de la fin de la demi-part des veufs.

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