Immobilier : vers une remontée des taux et la fin des renégociations de crédits

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En France, la remontée des taux du crédit immobilier se situe entre 0,1 et 0,3 points de pourcentage selon les établissements.
En France, la remontée des taux du crédit immobilier se situe entre 0,1 et 0,3 points de pourcentage selon les établissements.

Avec le rebond des taux souverains au cours des dernières semaines, les anticipations du début du mois de juin se confirment : les taux du crédit immobilier repartent à la hausse. Le mouvement reste cependant très progressif et pourrait n’être que temporaire.

Après avoir connu une remontée notable fin avril-début mai puis une phase d’accalmie par la suite, les taux souverains sont repartis une nouvelle fois à la hausse depuis le début du mois de juin avec le relèvement des estimations d’inflation en zone euro de la part de Mario Draghi, président de la BCE.

Le taux d’emprunt français à 10 ans se situe depuis une semaine au-dessus de 1,20%, alors qu’il était tombé à 0,35% à la mi-avril.

Bien que les taux obligataires et les taux de crédit immobiliers soient deux mondes différents, une corrélation existe entre ces deux domaines car les taux d’emprunts souverains servent encore de référence pour définir le « taux sans risque » utilisé par les établissements de crédit pour calculer les taux de crédit immobilier en y ajoutant une marge en fonction du risque de chaque emprunteur.

Les banques remontent leurs taux et commencent à rejeter les dossiers de renégociation

« Dans les faits, les taux proposés aux emprunteurs [immobiliers] sont toujours au plus bas. Mais une hausse se profile bel et bien », résumaient ainsi Les Echos dans leur édition du lundi 15 juin.

Déjà le 3 juin dernier, Le Figaro expliquait que « certaines banques commencent à relever leurs taux. LCL a été la première fin mai (+0,1%). Deux autres établissements viennent de lui emboîter le pas: Société générale, avec une hausse de 0,2% et deux caisses régionales de la Caisse d’épargne, avec des augmentations comprises entre 0,05% et 0,15% ».

« Après un nouveau plancher historique atteint en mai, à 2,01% sur un peu plus de six-sept ans [hors assurance], un certain nombre de banques révisent leur barème à la hausse », remarquaient également Les Echos lundi, évoquant cette fois-ci des redressements  qui « atteignent entre 0,1 et 0,3 point ».

« La fin de cette baisse de taux signe aussi la fermeture de la fenêtre de renégociation des emprunts immobiliers déjà contractés. Des établissements bancaires commencent à refuser ces dossiers », poursuivait le journal.

Remontée partiellement amortie

Malgré ce mouvement de hausse, les taux de crédit immobilier restent toujours à des niveaux historiquement faibles, et pour cause.

Les taux souverains à 10 ans sont en effet descendus plus vite que les taux du crédit immobilier au cours des 12 derniers mois. Début 2014, l’OAT française se situait à 2,5% alors que le taux de crédit immobilier moyen pratiqué se situait autour de 3% hors assurance (selon des données des Echos). En avril dernier, l’OAT française était descendue à 0,35% pour des taux immobilier autour de 2% : l’écart entre les deux taux s’était donc creusé d’un peu plus d’un point de pourcentage en 16 mois.

Le rebond des taux souverains est donc pour l’instant absorbé en grande partie par la contraction de cet écart, et ne se retrouve donc que marginalement répercuté dans la hausse des taux du crédit immobilier.

La suite dépendra des mouvements du marché obligataire : si les taux souverains poursuivent leur progression, leur répercussion sur les taux de crédit immobilier pourrait être plus forte qu’actuellement. Dans le cas inverse, les craintes sur les hausses des taux de crédit immobilier pourraient s’apaiser.

X. B.

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  • M5857919 le mardi 16 juin 2015 à 18:25

    M4358281, Le client lambda achète pour s'agrandir, il s'en fout de la baisse ou de la hausse. le vrai impact est le coût de la pièce supplémentaire par ex..Le problème se pose pour les retraités qui veulent quitter le domicile, pour les jeunes primo-accédants sans aide des parents, ainsi qu'en cas de divorce vu qu'il faut vendre vite.

  • M4358281 le mardi 16 juin 2015 à 17:09

    pas de vente sans acheteur ..vieux comme le monde !

  • M4358281 le mardi 16 juin 2015 à 17:08

    Mobil home Mobil Home .. rien de tel !

  • M5857919 le mardi 16 juin 2015 à 10:56

    Le problème se pose pour les primo accédants. pour un secundo accedant, il vend pas cher et rachetera pas cher car il a besoin de se loger. Malheureusement ou heureusement tous les propriétaires ne sont pas de arbitragistes mais plutot des individus qui veulent être près de l'école de qualité, d'un lieu avec des services publics etc etc.. donc il y'aura peut être de la baisse ceux qui pensent que ca va baisser de 50% c'est qu'il y'a une guerre en France :)

  • M4358281 le mardi 16 juin 2015 à 10:52

    Tout ce qui est supérieur à 1600€ le M2 est hors du pouvoir d'achat des primo-accédants actuels ( HorsAgglos importantes )

  • M4358281 le mardi 16 juin 2015 à 10:50

    M565 ..on me l'a fait aussi ..mais en Province ( pas les mêmes tarifs bien sûr mais en proportion ..)J'ai répondu qu'avec les salaires moyens du coin ..à qui ils pensaient vendre ..? on m'a répondu .." Mais Monsieur il y a des gens qui ont beaucoup d'argent ..et que les parisiens reviennent pour leur retraite ..et que les autres placements c'est peanuts ..etc etc .." la grande messe quoi ..!

  • M5651058 le mardi 16 juin 2015 à 10:16

    Et pour compléter mon précédent commentaire, quand je pense qu'en 2011 (le vrai haut du marché) on me proposait des "souplex" à Paris en m'expliquant que à 10000 euros le m² je faisais une affaire et que bientôt Paris ce serait 20000 le mètre ... et moi qui passait pour un idiot ou un pauvre parce que j'expliquais que dans ces conditions je préférais louer.

  • pierry5 le mardi 16 juin 2015 à 10:15

    Il serait temps que les taux remontent, les gens prévoyants ayant mis un peu d'argent de côté n'ont plus aucune rémunération depuis plusieurs années.

  • M5651058 le mardi 16 juin 2015 à 10:04

    L'immo baisse légèrement sur Paris depuis 1 an avec des taux en forte baisse. Une remontée des taux entrainera une baisse plus conséquente et bloquera les vendeurs, notamment ceux qui vendent pour acheter un bien avec une pièce en plus.

  • lechypre le mardi 16 juin 2015 à 09:59

    lol alors l'immo va bien s'éffondrer