Ils recherchent leurs colocataires autour d'un apéro

le
0

REPORTAGE - Tous les mois, un site Internet spécialisé dans la colocation met en relation offreurs et demandeurs de logement à Paris, autour d’un verre. A quelques jours de la rentrée, la formule attire les foules.

Ce soir-là, il fallait faire la queue pour entrer au Bliss, un bar du centre de Paris. Il est vrai que la soirée avait deux arguments chocs pour séduire les foules: l’apéro était gratuit et son but était de mettre en relation offreurs et demandeurs de logements en colocation. A quelques jours de la rentrée, forcément c’est tentant. Organisée tous les mois par Appartager.com, le site spécialisé dans la colocation, cette manifestation a rassemblé pas loin de 300 personnes pour sa huitième édition.

Le principe? A son arrivée, chaque participant se voit remettre un jeton de poker donnant droit à une boisson et un badge autocollant: bleu pour les demandeurs et orange pour les offreurs de logements. Il ne reste plus qu’à aller se faire prendre en photo et coller l’instantané sur un vaste plan de Paris selon les quartiers recherchés. Une formule conviviale, moins formelle que les speed-dating, mais est-ce bien efficace?

Impossible de ne pas remarquer ce soir-là un net déséquilibre des forces en présence. Dans la marée de badges bleus (ceux qui recherchent) portés par de jeunes étudiants, souvent étrangers, viennent se perdre quelques autocollants orange (offreurs) qu’arborent des personnes bien plus âgées. Il est vrai que selon les propres statistiques du site Appartager, les étudiants représentent encore près de 53 % des colocataires et l’offre reste très insuffisante: seulement 1 offre pour 7 demandes dans la capitale (contre 1 pour 3 à Lille)!

Il est vrai que les chercheurs se montrent parfois difficile: hors de Paris intra muros point de salut, avec une prédilection les 10e, 11e, 12e ainsi que les 14e et 15e arrondissements. «Pas question de se perdre en banlieue, avoue Julien, 22 ans. Je veux rester près de la fac et pouvoir profiter des plaisirs de la capitale.» De son côté, Françoise venue avec un épais dossier rempli de photos pour vanter sa chambre à louer fait chou blanc. Maintenant que ses enfants sont partis et que son pavillon est un peu vide, un revenu complémentaire serait le bienvenu. Mais même à 400 euros, elle ne trouve pas preneur malgré le cadre verdoyant et le terrain de tennis. La banlieue sud et surtout le RER D semblent freiner les appétits.

Echange chambre contre services

Pourtant, avec le niveau élevé des loyers, la colocation ne cesse d’élargir son public. A Paris, le prix moyen d’une chambre est resté quasi stable en 2015 (+0,72 % à 562 euros) mais la demande a quant à elle bondi de près de 20 %. «L’encadrement des loyers n’arrange rien à l’affaire, explique Albin Serviant, directeur général d’Appartager. Il dissuade les investisseurs d’investir dans le logement et l’offre devrait encore baisser.» Même si ce public étudiant est peu friand de colocations hors de Paris, Albin Serviant note une hausse de l’offre en petite couronne, qui séduit de plus en plus de jeunes salariés. Autre tendance qui se développe: l’échange de service (garde, ménage, courses, entretien) contre logement (ou baisse de loyer). Elle représente déjà 2 % de l’offre.

Et pour tous ceux qui n’ont pas trouvé leur bonheur durant cette soirée, le site promet d’organiser 2 rencontres mensuelles en septembre, lorsque la demande est particulièrement forte. D’ailleurs, le site qui est présent dans 24 pays compte bien faire essaimer ses apéros coloc’. Ils devraient prochaînement toucher Lyon et Marseille, avant de metrte le cap sur l’Espagne.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant