Il y a 96 ans... les «écoles de plein air» arrivaient en ville

le
0

RÉTRO IMMO. Dans son édition du 5 avril 1920, Le Figaro salue la construction de la première «école de plein air». En ville, ces nouveaux bâtiments plus aérés et leurs grandes cours devaient contribuer à une meilleure santé des élèves.

Pas question de pollution au CO2 ou aux particules fines, en 1920. À cette époque, comme le relate le Figaro du 5 avril, pour avoir de jeunes enfants plus vigoureux, il suffit de leur donner des locaux plus aérés, plus ouverts sur l’extérieur. C’est ainsi que démarre la vogue des «écoles de plein air» avec un premier établissement créé à Paris. «Depuis combien de temps se plaint-on à Paris de l’étroitesse, de l’incommodité, du manque d’air des locaux scolaires, s’interroge le quotidien. Depuis combien de temps se lamente-t-on en voyant nos malheureux écoliers, grands et petits, s’entasser dans des lieux clos, malsains, respirer à pleins poumons un air vicié, plein de poussières et fleurant le remugle, tenter de s’ébattre en des cours minuscules, froides et sans verdure?»

À défaut de transformation de locaux existant, l’expérience a été tentée de bâtir cette école d’un nouveau genre dans le 17e arrondissement, en bordure du boulevard Bessières. Une construction réalisée avec «bonheur et sagesse» selon le journaliste, «en construisant un simple et vaste rez-de-chaussée de ciment armé fort bien distribué». «Ce qui est louable, ce sont ces hautes verrières qui font de ce petit bâtiment une grande cage de verre, où la lumière et l’air entreront à flots, s’enthousiasme Le Figaro. Mais ce qui est mieux, ce sont, dans le jardin, des préaux couverts formés de simples tôles ondulées, ajustées sur de minces piliers de fer. Ce sont là les modernes portiques de l’école. Sous ces abris auront lieu les classes, très réellement en plein air, et les petits n’auront qu’un pas à faire, la classe finie, pour s’ébattre dans le vaste jardin sablé, qui leur servira de cour.»

Gymnastique et jardinage

Et ceux qui sont de constitution trop fragile pour les jeux de plein air? «Des chaises longues seront disposées où ils pourront s’étendre, lire, se distraire en respirant à pleins poumons l’air vivifiant.» On a même prévu un carré de terre pour les amateurs de jardinage. Mais à défaut de pollution automobile, celle des usines était déjà bien présente et le Figaro admet: «Il y a peut-être un peu trop de cheminées d’usine et de fils télégraphiques et sans doute l’air qui vient par là n’est pas entièrement débarrassé de miasmes. Mais quel grand pas de fait déjà. Il faudrait aller plus loin. Le plein air ne suffit pas, si l’on n’y joint une méthode appropriée de gymnastique naturelle et de culture physique.»

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant