Il y a 135 ans... l'électricité arrivait dans les maisons

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RÉTRO IMMO - En 1881, le Figaro évoque plein d’enthousiasme les formidables inventions de l’américain Thomas Edison. Et notamment sa «lampe merveilleuse» qui commence à s’installer dans les foyers à New York.

Un jeune inventeur-entrepreneur à qui tout semble réussir. Si aujourd’hui le wonderboy de la fée électricité s’appelle Elon Musk, patron des voitures électriques Tesla, en 1881 la star incontestée de cette nouvelle énergie est Thomas Edison. Dans un article enthousiaste daté du 29 octobre et titré «Edison ou la lampe merveilleuse», le quotidien évoque les nouvelles perspectives qu’ouvre cet inventeur américain. Sa venue à Paris est l’un des grands moments de la première Exposition internationale d’électricité qui s’est tenue entre le 15 août et le 15 novembre au Palais de l’industrie sur les Champs-Élysées.

Décrivant la star, le quotidien écrit: «Trente-six ans, figure imberbe, taille au-dessus de la moyenne, constitution athlétique, résistance absolument inouïe au travail et à la fatigue, caractère d’une simplicité et d’une affabilité charmantes, science profonde dans toutes les questions de mathématiques, de chimie, de physique et spécialement d’électricité, voilà l’homme.»

L’éclairage féerique de l’avenue de l’Opéra

Après s’être rendu célèbre en 1878 pour l’invention du phonographe, l’homme planche sur l’éclairage électrique, inspiré à en croire l’article par «l’éclairage féerique de notre avenue de l’Opéra». Son idée? Généraliser cette technique. «Du moment que l’électricité donnait de la lumière, il fallait trouver le moyen de s’en servir pour éclairer, non seulement les places, les rues, les grands espaces, mais l’intérieur des maisons, des ateliers, des appartements.»

Après une longue mise au point, son invention semble fonctionner parfaitement. «Cette lampe, on en fait des lustres, on en fait des appliques le long des murs, on la pose sur la table de travail de l’homme d’étude ou dans une suspension de salle à manger. Partout elle donne sa même lumière, peu différente de celle du gaz, mais fixe, régulière, et surtout sans inconvénient pour la santé. Car enfin, le gaz dans nos demeures, dans les lieux de réunion, partout, on peut le dire, et même dans la rue, où ses émanations empoisonnent le sol et vicient l’atmosphère, le gaz répand dans l’air que nous respirons des produits des plus malsains; c’est un fait connu. En outre, il dégage, en brûlant une chaleur considérable, insupportable, même en hiver, dans un endroit clos.»

Vers la fin de l’éclairage au gaz

Et le tout est déjà expérimenté à New York. «Voilà ce qu’on peut voir déjà installé à New York, dans tout un block, c’est-à-dire un énorme pâté de maisons de la grande ville, où le système est dès maintenant complet, écrit Le Figaro. Car Edison, qui est ce qu’on appelle un homme éminemment pratique, ne lance rien sans l’avoir creusé à fond, sans avoir étudié jusque dans ses moindres détails la réalisation de son invention.» Prémonitoire, l’article conclut: «On peut le dire aujourd’hui, l’éclairage électrique n’est plus l’éclairage de l’avenir. Il règne dès maintenant, et, pour pénétrer dans nos demeures, il n’attend plus qu’une chose la pose des fils qui menacent de remplacer partout, avant longtemps, la canalisation du gaz pour l’éclairage de la société moderne.»

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  • dotcom1 le lundi 20 juin 2016 à 10:15

    Si Hidalgo avait été maire de Paris à cette époque, elle aurait cherché à interdire ce service susceptible de déstabiliser gravement les équilibres commerciaux de la bougie.