Il vous reste un mois pour réduire vos impôts 2015

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INFOGRAPHIE - Les possibilités sont multiples, mais il faut veiller à ne pas dépasser le plafond des niches fiscales.

Les Français ont bien senti la pression fiscale s'alourdir. Cela ne fait que renforcer l'attrait des nombreux placements assortis d'avantages fiscaux dont les conseillers financiers leur vantent assidûment les charmes en fin d'année. Mais la chasse aux niches fiscales des années passées a, elle aussi, laissé des traces. Beaucoup de ces placements offrent désormais des économies d'impôt moins généreuses qu'autrefois. Et surtout, ils sont pour la plupart soumis à la même contrainte: sur une année, les économies d'impôt cumulées grâce à ces déductions ne peuvent dépasser 10.000 euros par foyer (18.000 euros dans certains cas). Or, dans ce plafond est déjà compris par exemple l'avantage procuré par l'emploi d'un salarié à domicile. Il ne reste donc pas forcément beaucoup de place pour d'autres déductions.

Les contribuables les plus généreux peuvent échapper à cette restriction grâce aux dons qu'ils consentent aux associations d'intérêt général, qui restent exclus du plafond des niches fiscales. Ces dons ouvrent pourtant droit à une réduction d'impôt de 66 % et même de 75 % quand ils viennent soutenir des organismes qui livrent des repas aux personnes en difficulté ou s'occupent de leur trouver des logements.

Le plan d'épargne populaire pour la retraite

Inutile également de se soucier du plafond des niches fiscales si l'on prépare sa retraite en investissant sur un Perp (plan d'épargne populaire pour la retraite). Ce placement gagne peu à peu du terrain dans le c½ur des Français. Les sommes que l'on y investit sont en effet déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond personnalisé mentionné sur le dernier avis d'imposition du ménage. L'économie d'impôt qui en résulte est donc d'autant plus importante que le foyer fiscal est taxé dans une tranche élevée de l'impôt sur le revenu. Ce produit retraite est donc plus intéressant pour les classes aisées que pour les ménages les plus modestes. Mais il faut en accepter les inconvénients. Le capital fructifie soit sur un fonds en euros (comme en assurance-vie), soit sur des sicav, jusqu'à la retraite. Impossible de le retirer avant, sauf circonstances exceptionnelles. Lors de la retraite, il doit être pour 80 % au minimum converti en rente viagère (éventuellement réversible en faveurdu conjoint), qui sera imposée comme une pension.


SCPI, FIP et FCPI

La plupart des autres placements «défiscalisants» entrent, eux, dans le plafond des 10.000 euros. C'est le cas notamment des FIP (fonds d'investissement de proximité) ou des FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation). Ces fonds, dont la durée varie de six à dix ans le plus souvent, permettent d'investir sur des PME non cotées en Bourse (ou cotées sur des marchés réservés aux petites sociétés, comme Alternext), avec une réduction d'impôt. Celle-ci est de 18 % en général, mais de 38 % pour les FIP investis en Corse.

Les performances sont très inégales d'un fonds à l'autre. Certains enregistrent des pertes supérieures à l'économie fiscale qu'ils ont procurée. D'autres gagnent de l'argent. Cerise sur le gâteau, les plus-values réalisées sur ces fonds sont alors exonérées d'impôt sur le revenu (mais pas de prélèvements sociaux).

Il n'est pas non plus trop tard pour alléger ses impôts 2015 en investissant dans l'immobilier: il suffit de souscrire des parts de SCPI avant la fin de l'année. Deux SCPI Duflot, qui offrent une réduction d'impôt de 18 % étalée sur neuf ans, sont encore proposées dans ce but aux contribuables. Elles vont acheter des logements neufs pour les louer neuf ans avant de les revendre. «Il n'était pas possible de lancer dès 2014 des SCPI profitant du nouveau dispositif Pinel pour l'investissement dans l'immobilier locatif neuf», souligne Christophe Descohand, directeur du développement chez La Française Gestion Privée. Cette année encore, la réduction d'impôt sera calculée seulement sur 95 % du prix de souscription. «Dès l'an prochain, elle devrait l'être sur 100 % de l'investissement», ajoute Christophe Descohand. Mais ces SCPI, elles aussi, entrent dans le plafond de 10.000 euros, alors que d'autres SCPI «fiscales» (SCPI Malraux notamment) y échappent.

Pour aller au-delà, les contribuables peuvent aussi chercher du côté des Sofica par exemple. Pour ceux qui investissent dans ces sociétés dont la mission est de financer des films et autres téléfilms, le plafond des niches fiscales est porté à 18.000 euros.

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